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Aïda, sous la direction souple et aérienne d'Alberto Hold-Garrido

Pharaonique

Aïda, sous la direction souple et aérienne d'Alberto Hold-Garrido - Zibeline

En ce début de printemps, l’Opéra de Toulon a programmé Aïda, un des immenses succès lyriques de Verdi, dans une reprise de production de l’Opéra de Nice. Commande créée en 1871 au Caire alors que le compositeur était au sommet de son art, cet ouvrage lyrique surprend par son sujet exotique mais aussi par ses proportions imposantes. Verdi prônant la libération du joug ? On aurait tort en tout cas d’y voir un simple exercice de style orientaliste destiné à mettre en évidence un talent que nul ne contestait à l’époque. En effet, le compositeur dans son souci de réalisme jetait déjà les bases de ce qu’allait devenir plus tard le vérisme, en explorant l’intimité de ses personnages avec une infinie délicatesse tout en offrant une synthèse musicale des traditions française, italienne et allemande.

Fort d’un plateau vocal puissant et homogène sur le plan dynamique, et de premiers rôles vocalement convaincants malgré les graves peu sûrs du rôle titre (Mardi Byers), ce spectacle mettait en lumière cette recherche de vérité dans l’expression des sentiments. Cependant, les décors massifs et monumentaux, ainsi que la présence en nombre des chœurs auxquels s’ajoutait parfois un ballet, confinaient parfois les protagonistes dans un statisme dommageable et étouffaient une mise en scène très classique inspirée par une Égypte Antique de carte postale. Fort heureusement, la direction souple et aérienne du chef Alberto Hold-Garrido a su avec bonheur éviter l’écueil d’un style orchestral imposant et parfois pompier, tout en ménageant un espace confortable aux chanteurs.

ÉMILIEN MOREAU
Avril 2013

Photo : Aïda © Lucas Belhatem

Aïda a été présenté du 7 au 13 avril à l’Opéra de Toulon


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