Vu par Zibeline

Retour sur " Siwa " interprété à la Criée dans le cadre du Festival du GMEM

Persistance de la lumière

Retour sur

Comme dans un tableau surréaliste la scène présente trois espaces autonomes en écho délivrant chacun un fragment, un éclat de la puissante «méditation sur l’éternité» qu’a voulue Michel Kelemenis avec la création de Siwa (lieu mythique où Alexandre le grand a eu la révélation de son caractère divin) : le quatuor Tana interprète dans l’ombre du lointain Debussy et Yves Chauris ; les quatre danseurs hommes occupent le cœur du plateau, oasis minérale malicieusement convoquée par quelques verres d’eau, sous un ciel déchiré par le soleil double à la course à peine perceptible de la vidéo de Steeve Calvo. Ambitieux, le projet chorégraphique livre une danse sagement virile : la vie et la mort, l’attirance et la rupture, la solidarité… les interprètes se guettent, se cherchent, s’ébauchent en se frôlant ; contacts, reptations, jeux à trois contre ou pour un ; grave mais pas trop : ça se déhanche, ça fait la statue et le haut-relief, ça offre un bouquet de visages au projecteur (Jean Bastien Nehr au zénith) et ça fait la nique à la musique qui ne s’en porte que mieux. Le quatuor Tana paisiblement, libère Debussy de ses miroitements franchement impressionnistes et laisse vivre entre les mouvements de l’œuvre en sol(eil) mineur, mélodique et expressive, les pizzicati, les raclements à sec et les stridences rêches des cordes du Paysage emprunté que le jeune compositeur Yves Chauris a écrit pour accompagner l’œuvre scénique avec une grande intelligence de l’univers mental du chorégraphe. Beau travail de correspondances !

MARIE JO DHO

Mai 2013

SIWA, pour quatre hommes et quatuor (dont deux femmes) a été donné le 4 mai au théâtre de la Criée, Marseille, dans le cadre du Festival du GMEM

Crédit photo : Agnes Mellon


La Criée
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