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L'Orchestre de Chambre de Lausanne, Renaud Capuçon : un concert d'exception au GTP

Pérégrinations sonores…

L'Orchestre de Chambre de Lausanne, Renaud Capuçon : un concert d'exception au GTP - Zibeline

De Ramifications il est doublement question dans ce concert, tant dans le renvoi à la pièce éponyme de Ligeti interprétée ce soir, que dans la construction du programme au spectre historique et esthétique vaste, embrassant des compositeurs tels que Haydn et Schumann, mais encore Bernstein et le susnommé Ligeti. Au centre de cette toile le violoniste Renaud Capuçon, concertiste d’exception, intimement rattaché au GTP, put s’épancher à loisir dans les grandes fresques mélodiques bigarrées de la Sérénade du compositeur américain Bernstein, mosaïque en cinq mouvements mâtinés de jazz, de rythmiques syncopées, emblématiques de son écriture. Antithèse stylistique avec la Symphonie n° 60 de Haydn, pleine de surprises et de malice, comme à son habitude, et la « Rhénane », œuvre grandiose et épique du grand Schumann dont le génie de construction éclata ici au grand jour. Le formidable Orchestre de Chambre de Lausanne, très bel ensemble, élégant, au son velouté, magnifiquement équilibré, trouva son bonheur dans ces deux pièces ou chacun des pupitres put faire preuve de son talent et de sa musicalité. Et de talent il est question quand on parle de Joshua Weilerstein! Ce jeune, très jeune chef américain,  aérien sur son pupitre, à la gestique gracile, tout en économie, insuffla à l’ensemble une énergie solaire. Nonobstant ce savoir-faire et cette maîtrise technique, étonnante pour quelqu’un de 28 ans, ce chef montra dans l’emblématique pièce du compositeur hongrois toute son intelligence de lecture, et déjà sa grande maturité. Dans cette micro-polyphonie subtile tout en noir et blanc, ondulation céleste évoluant au gré des variations d’intensité, les deux pupitres de cordes, un accordé un quart de ton plus haut, dans le souffle du geste ondoyant de Weilerstein, emplirent le théâtre d’une douce poésie sonore. Un voyage dans le temps réussi, achevé par un extrait de la divine musique de scène de Schubert, Rosamunde, qui nous laissa en lévitation.

CHRISTOPHE FLOQUET
Novembre 2016

Orchestre de chambre de Lausanne, GTP le mardi 15 novembre.

Photographie : orchestre-de-chambre-de-lausanne ©X-DR


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