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Retour sur la rencontre avec Angelin Preljocaj, Éric Reinhardt et Rebecca Zlotowski au Mucem

Passions amoureuses et amours passionnées

Retour sur la rencontre avec Angelin Preljocaj, Éric Reinhardt et Rebecca Zlotowski au Mucem - Zibeline

Le lundi 19 février, le Mucem inaugurait son cycle de rencontres En quête d’amour avec trois artistes, venus se prêter au jeu des questions de lycéens et étudiants. Durant une heure, Angelin Preljocaj (chorégraphe), Éric Reinhardt (écrivain) et Rebecca Zlotowski (cinéaste), nous ont parlé de passions incandescentes, à travers leurs œuvres respectives.

Les premières paroles échangées amènent la thématique de la rencontre sur le devant de la scène, une rencontre toute dédiée à l’autre. Que ce soit dans la recherche de son corps, d’un souffle de vie – comme présenté dans l’extrait de Roméo et Juliette, d’Angelin Preljocaj, où Roméo danse avec le corps inerte de Juliette – ou, dans la mise en danger de soi, la rencontre avec l’autre est un appel au risque. « L’histoire de l’humanité produit des Roméo et Juliette à la chaîne », nous dit le chorégraphe, évoquant la répétition dans l’Histoire des relations amoureuses légendaires et interdites.

« S’il n’y a que la passion physique, la relation n’a pas lieu d’être » (Éric Reinhardt)

Effleurée dans la rencontre, la question de la passion est centrale dans l’échange mené par les étudiants. Mais passion n’est pas amour, et nos trois intervenants complètent, chacun à leur manière, les sens de ce concept. Pour Éric Reinhardt, la passion est une attirance irrépressible et éphémère qui ne nécessite pas de fondement commun. Angelin Preljocaj tempère ce jugement en expliquant que la passion est facile, comparée à l’amour qui nécessite un travail quotidien, au rythme des changements de son ou sa partenaire. Rebecca Zlotowski s’interroge sur l’injonction actuelle à la passion, déplorant le marketing amoureux numérique. Les visions s’opposent sur les nouvelles technologies, Eric Reinhardt y voyant un retour en force de l’amour courtois, où séduire passe par l’écrit, et permet la désinhibition des protagonistes de la lutte amoureuse. Une chose est certaine, ce soir, c’est tout le public qui a été séduit.

LOÏSE JEAN
PAULINE LAFFAILLE
CHJARA-STELLA POGGIONOVO
Etudiantes de Sciences Po Aix
Mars 2018

Photo : Rebecca Zlotowski -c- Oumeya El Ouadie