Purity paru aux éditions de l’Olivier, le 5e roman de Jonathan Franzen

Pas si pursLu par Zibeline

Purity paru aux éditions de l’Olivier, le 5e roman de Jonathan Franzen - Zibeline

Purity, ainsi s’intitule le cinquième roman de l’Américain Jonathan Franzen. La pureté, donc. Notion pour le moins subjective. Fantasme souvent dangereux. C’est ce que montre brillamment Franzen dans ce roman foisonnant (744 pages tout de même), qui navigue dans l’espace -de la Californie au Colorado, du fin fond de la Bolivie à l’Allemagne de l’Est- et le temps -l’époque actuelle y est en effet traversée par des flashbacks qui renvoient aux beaux jours de ce que le romancier appelle « la république du mauvais goût » (la RDA d’avant la chute du Mur), à d’autres périodes également, comme celle de la rencontre des parents de Purity. Car Purity c’est aussi le prénom de l’héroïne, un prénom qu’elle déteste tellement qu’elle répugne à montrer ses papiers d’identité et se fait appeler Pip. Tiens donc, le même nom que le héros des Grandes espérances de Dickens. De fait, le récit, souvent drôle, s’articule autour de ce personnage attachant et caustique de jeune adulte en quête de réalisation professionnelle et sentimentale et à la recherche d’un père inconnu. Une intrigue principale sur laquelle viennent se greffer plusieurs autres, à la manière de certains romans picaresques, sans que cela nuise -au contraire- à la cohérence de l’ensemble. Car, en fin de compte, toutes les pièces s’emboîtent. La diffraction des récits, des lieux, des époques met habilement en évidence la variété des points de vue et la difficulté qu’il y a à trancher sur les questions morales. Qui est pur dans ce roman ? Personne. Ni Andreas Wolf, le lanceur d’alerte soucieux de transparence, surtout pour les autres. Ni Penelope Tyler, la mère de Pip, dont la haine de l’argent n’aide pas beaucoup sa fille. Ni Purity elle-même, qui a bien du mal à y voir clair dans ses sentiments. Et ce n’est pas la moindre des qualités de ce roman que de poser des questions sans forcément y répondre.

FRED ROBERT
Juillet 2016

Purity Jonathan Franzen
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Olivier Deparis
Éditions de l’Olivier, 24,50 €