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Vu par Zibeline

Rencontre avec le poète Ian Monk à la Médiathèque des Carmes de Pertuis

Pas de frontières en poésie

Rencontre avec  le poète Ian Monk à la Médiathèque des Carmes de Pertuis - Zibeline

En résidence à La Tour d’Aigues, sur l’invitation de l’association Nouvelles Hybrides, le poète Ian Monk se livrait au jeu du questionnement à propos de son œuvre.

« Je ne suis pas venu exprès en France, ce n’était pas mon choix, (j’ai juste trouvé du travail à Paris), d’ailleurs je ne parlais que très peu le français à l’époque. Par contre, je suis toujours là. »

Depuis, l’écrivain compte de nombreuses traductions en anglais et en français, et a été coopté par l’OuLiPo.

« Qui dit poème, dit forme. Je crois que le vers libre a vécu sa vie. Il n’est cependant pas question de revenir au XIXe, à l’instar des chanteurs de rap qui cherchent l’alexandrin et multiplient les rimes, c’est totalement réac comme prosodie. Je voulais une autre façon de faire. Grâce aux rencontres mensuelles d’OuLiPo, on échange des idées, et on les trouve en parlant, un peu comme dans les salons littéraires d’autrefois, c’est par ces discussions que l’on progresse. Écrire en français a été une libération : lorsque l’on écrit dans sa langue, et que l’on a été façonné de littérature, on a tendance à rester dans les ornières de ce qui nous a nourris. Il n’est plus question de niveaux de langue : la langue des poèmes n’a pas à être soutenue. Elle s’entend juste autrement, car elle se coule dans une forme très maîtrisée. Mes constructions sont très mathématiques. Par exemple, elles se fondent sur le comptage des mots : en arrivant dans le Vaucluse, 84, je vais écrire un poème de 84 mots, (8 vers de 10 mots et 1 de 4). Pour beaucoup la poésie correspond aux états d’âme, je n’ai rien contre, mais si l’on regarde l’histoire de la poésie, cela ne représente qu’une infime partie. Les épopées homériques sont bien plus hardcore qu’un Tarantino ! On peut tout mettre dans la poésie, amour, violence, société, quotidien, achats au supermarché, la vie moderne quoi ! ».

Le résultat : une poésie neuve, dense, jubilatoire et ancrée puissamment dans le monde contemporain sur lequel elle porte un regard d’une rare acuité.

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2019

La rencontre a eu lieu le 25 janvier à l’auditorium Médiathèque des Carmes, Pertuis

À lire :
Plouk Town, éditions Cambourakis, 11 €
, éditions Cambourakis, 17 €
Vers de l’infini…suivi de …retour(s), éditions Cambourakis, 20 €

Photo : Ian Monk © MC