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Vu par Zibeline

Dancing Grandmothers, comme un portrait sensible de la Corée

Pas d’âge limite pour la danse !

• 12 janvier 2018⇒13 janvier 2018 •
Dancing Grandmothers, comme un portrait sensible de la Corée - Zibeline

« La danse signifiait pour les Coréens autrefois : se libérer des contraintes de la vie » explique celle que l’on a surnommée la Pina Bausch coréenne, Eun-Me Ahn. Elle livre, avec Dancing Grandmothers, un portrait de la société de son pays natal.

Spectacle atypique, où vidéo, danse, mime, générations, styles, modes d’expression se rencontrent. Sont projetées en ouverture les images de son itinéraire en Corée sur le mur de scène dont la texture blanche est orchestrée de traces, d’empâtements, qui accordent ainsi au réel une première distanciation esthétique, le muant en tableaux mouvants. La chorégraphe avance à petits pas devant ces paysages, rendant à l’espace son échelle.

Le thème de la vieillesse s’inscrit dans ses gestes, puis dans les costumes des jeunes danseurs qui envahissent, traversent, habitent le plateau, courses, sauts, saltos, acrobaties, voltes sur le tempo lancinant et fortement souligné des musiques de Young-Gyu Jang. Robes ou jupes à fleurs, indifférenciant garçons et filles, emportés dans une même frénésie de jeunesse qui laisse place après une lutte contre soi-même, terrifiante, au sol, à des personnages vieillis, aux gestes lourds. Une longue séquence filmée montre des grand-mères qu’Eun-Me Ahn est allée rencontrer au cours de son itinéraire.

Sourires, radieux, danses au cœur des lieux familiers, de la maison, du travail, le bonheur du mouvement, mains et bras qui dessinent l’air tandis qu’un rythme régulier et sautillant s’imprime dans les jambes et le buste, la rudesse de la vie de ces femmes transparaît sous la vivacité et le naturel de ces danses. Dix de ces grands-mères, conduites sur le plateau par les danseurs partagent leurs gestes. Peu importe l’âge, les corps expriment tous une émotion, un plaisir d’être, de s’éprouver, de dire encore le bonheur de la communion de la danse.

Quittant l’espace d’un instant les tenues fleuries du passé, les jeunes danseurs, en justaucorps roses livrent en une séquence qui tranche avec les libertés précédentes par sa rigueur et son équilibre, leur virtuose ensemble. La totalité de cette troupe atypique se retrouve sous les boules de dancing. Le public est convié à la fin à rejoindre la scène, le GTP danse, vibre, applaudit, sourit… transporté par l’énergie de ce spectacle qui nous convie à nous interroger sur notre perception de l’art, de sa pratique et de sa relation à nos vies…

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2018

Dancing Grandmothers a été dansé les 8 et 9 novembre au GTP, Aix-en-Provence

À venir
12 & 13 janvier
Scène nationale de Sète

Photo © Young Mo Cheo

 


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08 2013 2013
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