Nadia, Butterfly de Pascal Plante, en salles le 4 août

Papillon de lumièreVu par Zibeline

Nadia, Butterfly de Pascal Plante, en salles le 4 août - Zibeline

Pascal Plante connaît bien le monde de la compétition sportive. Le jeune réalisateur québécois a en effet passé les essais pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, avant de se retirer du monde de la natation. L’ouverture de Nadia, Butterfly brille ainsi par sa capacité à rendre compte d’une compétition et de ses coulisses. Accrochée au moindre mouvement de Katerine Savard, opaque à souhait, la caméra de Stéphane-Anne Weber-Viron accompagne l’attente de cette nageuse au physique impressionnant. Le temps de plonger, de relayer sa camarade et d’enchaîner ses mouvements de papillon, la jeune Nadia apprend en différé le score de son équipe. Le doute, la performance, la suspension et la joie se succèdent sans temps mort. C’est ensuite à un temps d’errance que l’on assiste : Nadia rend les gants, et scelle ici sa dernière compétition. Sauf que la jeune fille n’a pas encore appris à exister ailleurs et autrement. Son corps, seul contact avec l’extérieur, n’a jamais été sollicité pour autre chose que son propre dépassement. Y compris dans les espaces qu’il se réserve pour le repos et le plaisir. Ce temps d’angoisse et de renaissance se pare ici d’une poésie mais aussi d’une émotivité remarquables. La facture irréprochable du métrage, la justesse de son regard font déjà de Nadia, Butterfly un très beau film. La qualité de ses interprètes, de l’omniprésente Katerine Savard à des seconds rôles très travaillés – mention spéciale à Ariane Mainville – ne l’en rendent que plus percutant.

SUZANNE CANESSA
Août 2021
Pascal Plante, Nadia, Butterfly (1h47), sortie le 4 août