Vu par Zibeline

Baba Joon de Yuval Delshad en ouverture de Regards sur le cinéma israélien

Padre padrone

• 15 juin 2016 •
Baba Joon de Yuval Delshad en ouverture de Regards sur le cinéma israélien - Zibeline

Le  15 juin, alors que des hordes de supporters se ruaient vers le stade Vélodrome, des amateurs du 7è art se sont retrouvés au cinéma Le Prado pour l’ouverture de la 17ème édition de Regards sur le cinéma israélien dont la marraine, Valérie Zenatti, a parlé avec beaucoup d’émotion de son travail avec Ronit Elkabetz, rendant ainsi hommage à cette superbe actrice.

C’est par Baba Joon (Cher papa) qui a remporté le prix du meilleur film aux Ophirs et a représenté Israël aux Oscars 2016, que le festival a démarré. Un film tourné majoritairement en langue persane par Yuval Delshad , réalisateur israélien d’origine iranienne, emblématique selon Xavier Nataf, directeur du Festival,  de la diversité culturelle de la population d’Israël.

Motti (Asher Avrahami) adolescent  de treize ans,  passionné par la mécanique, redonne vie à de vieux engins et essaie d’échapper au destin que son père, Yitzhak,  (Navid Neghaban) a choisi pour lui : l’aider à gérer la ferme d’élevage de dindes que le grand-père, Baba Joon (Rafael Faraj Eliasi) a transférée d’Iran  en Israël. Séances d’apprentissages terribles comme s’entraîner à couper les becs des jeunes volatiles, -belle métaphore- qu’il essaie de lui imposer. Mais Motti résiste, soutenu par sa mère, Sarah (Viss Elliot Safavi ) et l’arrivée de Darius (David Fariborz Diann), l’oncle parti en Amérique pour échapper aux diktats de la tradition et de la transmission, va aider le jeune garçon à trouver sa voie et à sortir de ce huis-clos-prison.

Yuval Delshad, dont les parents ont quitté Shiraz, en Iran et ont immigré en Israël, parle dans ce film de la souffrance du déracinement, de la nostalgie du pays d’origine, pose le problème du conflit entre le poids de la tradition et la volonté de liberté individuelle. Ses choix de mise en scène ont su rendre ce problème universel : les paysages évoquent la campagne iranienne –on pense parfois à Kiarostami- mais cette terre de poussière et d’ornières figure celle de tout exil et Motti incarne tout adolescent qui se construit avec et contre son père…

Le festival continue jusqu’au 21 juin au cinéma Le César et ne retrouve Le Prado que pour la clôture où sera projeté à 19h 30 en avant-première One week and a day, premier film d’ Asaph Polonsky, présenté à la Semaine de la Critique 2016.

ANNIE GAVA
Juin 2016

Photo © United King Films

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Cinéma le Prado
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