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Le musée Réattu d'Arles expose, dans Opus, l'architecture et le patrimoine monumental issus de ses collections

Opus ni moins

• 7 février 2015⇒31 mai 2015 •
Le musée Réattu d'Arles expose, dans Opus, l'architecture et le patrimoine monumental issus de ses collections - Zibeline

Conçu afin de mettre en valeur l’architecture et le patrimoine monumental, en particulier arlésiens, à travers les collections du musée Réattu, Opus manque un peu de liant pour cimenter un parcours du XVIIe siècle à nos jours, consolidé cependant par le contemporain.

Au Soleil
Ses rayons de bronze attirent le premier regard du visiteur. Le soleil-masque réalisé en 1676 par Jean Dedieu en l’honneur de Louis XIV, coiffait autrefois l’obélisque de la place de la République. On peut aujourd’hui retrouver des œuvres du sculpteur arlésien à l’hôtel de ville d’Arles (lions de l’escalier monumental) et au château de Versailles. Ensuite, après les rares dessins d’architecture idéalisée de Jacques Réattu, suit un «creux» dans les salles suivantes qui laisse quelque peu perplexe avant de rejoindre un volet plus récent et conséquent, constitué de sculptures et surtout de photographies.

Contemporains
La thématique regagne du terrain quand, après un frottage de plaque d’égout (une référence bien singulière à l’urbanisme arlésien !) réalisé par Alechinsky, les deux piles en bois massif de Toni Grand esquissent un dialogue avec les frêles artefacts muraux de Marcel Robelin. Il faut atteindre cependant une sélection de l’important fonds photographique à l’étage supérieur pour que le sujet se manifeste d’évidence se déclinant en différentes époques et visions face au bâti. Georges Rousse, Mimmo Jodice, Jerry Uelsmann, Yannig Hédel en particulier revisitent le patrimoine arlésien ; Gautrand, Weston, Abbott, Krull, Dieuzaide… explorent d’autres contrées et formes monumentales quand Lucien Hervé, fidèle de Le Corbusier, amène le regard à la limite de l’abstraction. Plus loin, La colonnade de la Madeleine (Paris, 1885) d’Hippolyte Bayard, dans des nuances de bistre, renvoie la photographie à ses origines. La seule pièce de forme filmique, Anastylose, Ville éphémère, vidéo de Sterenn Donnio (2011), élargit la thématique vers une vision poétique épurée et universelle. De simples pains de glace (on pense aux chaises de glace de Jana Sterbak) en train de fondre puis se reconstituant, évoquent l’impermanence des constructions humaines, telle une vanité contemporaine. À l’inverse, les Contreforts de Bernard Dejonghe, sculptures en grès émaillé bleu posées-là contre le mur comme depuis des lustres dans la cour du Grand Prieuré de l’Ordre de Malte, désignent le désir de stabilité. Ce dialogue du contemporain avec le patrimonial, arlésien comme en d’autres lieux, construit un des aspects les plus signifiants de ce parcours.

CLAUDE LORIN
Février 2015

Opus
Architecture et patrimoine monumental dans les collections du musée Réattu
jusqu’au 31 mai
Musée Réattu, Arles

Photo : Vue partielle de l’exposition, œuvres de Toni Grand et Marcel Robelin © C. Lorin, Zibeline


Musée Réattu
10 rue du Grand Prieuré
13200 Arles
04 90 49 37 58
http://www.museereattu.arles.fr/