Retour sur Le temps d’arriver d'Aurélien Manya paru chez Gallimard/L’Arpenteur

On the road rengaineLu par Zibeline

Retour sur Le temps d’arriver d'Aurélien Manya paru chez Gallimard/L’Arpenteur  - Zibeline

«Voilà ce que c’est de voyager : offrir des histoires dans une cuisine inconnue très loin de chez soi.» Alexandre, jeune parisien, écrit des histoires dans un magazine pour enfants. Sa compagne est partie vivre avec un autre, à Marseille. Alors, pour fuir la douleur insupportable de la séparation, il quitte tout : ville, travail, amis, téléphone, et part rejoindre celle qu’il aime à Marseille, à pieds. Le roman tient dans le récit de ce parcours, où la direction est plus importante que le but : fatigue de la marche, forêts profondes ou autoroutes longeant les tracés de TGV, nuits d’hôtels ou dortoirs, rencontres de fortune, d’où se détachent les visages solitaires de Nina, la jeune mère célibataire et Giovanni, solide compagnon de route truculent comme un clown triste et insouciant. Le randonneur devient vagabond, et la solitude est traversée par la spontanéité de ces rencontres éphémères. Puis l’espace se rétrécit au centre-ville de Marseille, où il débusque la jeune fille sans l’aborder.
La reconquête amoureuse se double d’une quête initiatique, d’une expérience intérieure de détachement et de dénuement offerte à celle qu’il aime. C’est un récit simple, qui évite avec bonheur les considérations philosophiques ou touristiques sur l’errance, même s’il en retrouve tous les clichés, et qui préfère à l’expression de la douleur amoureuse celle de la ferveur d’un don de soi total. Mais à force d’être simple, l’argument est mince, pour ne pas dire inconsistant, et le paysage bien plat.

AUDE FANLO

Avril 2013

Le temps d’arriver

Aurélien Manya

Gallimard/L’Arpenteur, 17,50 €