La folle cavale de Florida Meyer, polar de Cédric Fabre aux éditions Plon

On the road again

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La folle cavale de Florida Meyer, polar de Cédric Fabre aux éditions Plon - Zibeline

Quand on ouvre un roman de Cédric Fabre, on sait qu’on y trouvera de la violence et du rock, des coups et des luttes sociales…de l’amour aussi au détour de la route. Le petit dernier (enfin petit, presque 300 pages tout de même, mais qui s’avalent comme des kilomètres dans la nuit) ne déroge pas à la règle. On prend dans l’estomac le prologue plein de bruit et de fureur. Une entrée sur les chapeaux de roues dans La folle cavale de Florida Meyer. Et si le tout début du premier chapitre peut sembler bucolique, cela ne dure pas. Florida, qui doit ce prénom au rêve américain de sa mère, se réveille de la sieste. Au fond du ravin, le Verdon sinue. Son amant n’est plus là. Partie à sa recherche, elle aperçoit bientôt son corps désarticulé gisant en contrebas. Accident stupide, chute mortelle. C’est ici que l’escapade amoureuse prend fin ; ici que commence la « cavale ». Car pour Florida, pas question de salir la réputation de celui qu’elle aimait, un avocat qui prenait la défense des plus faibles, un « type bien ». Il faut le ramener chez lui, qu’on le trouve mort à la maison, que sa femme Marlène, qui est aussi son amie, ne se doute de rien. Aidée par un certain Maheu, arrivé sur les lieux comme par hasard, Florida va donc se mettre en route. Au volant de la Triumph décapotable de son amant, le cadavre dans un canoë tracté par Maheu, les voici partis vers Aix et la belle demeure de Guizot. Une odyssée compliquée par des rencontres, des pannes, des incidents, dans un climat de grande agitation sociale. Car partout c’est l’appel à la désobéissance. Sites industriels occupés, manifestations d’agriculteurs…ça bouge ! À la tête de ce charivari, un homme, Franck Mata, qui « a redonné le désir de se battre et de gagner » à coup de standards des Stones ou des Clash, qui a transformé la lutte syndicale en show : rock’n’roll et lutte des classes. Cédric Fabre tisse des liens plaisants entre road novel à l’américaine (avec blonde et décapotable) et polar social (avec leader atypique forcément jalousé), entre les personnages et leurs histoires particulières. Avec Florida, il invente aussi un beau personnage de femme, qui poursuit sa route, malgré tout.

FRED ROBERT
Novembre 2018

La folle cavale de Florida Meyer
Cédric Fabre
éditions Plon (label Sang Neuf), 18 €