Twin Paradox : Mathilde Monnier parasite la gestuelle subtile qu’elle a pourtant inventée

On n’achève pas les jumeauxVu par Zibeline

• 9 mai 2014 •
Twin Paradox : Mathilde Monnier parasite la gestuelle subtile qu’elle a pourtant inventée - Zibeline

Mathilde Monnier a conçu en 2012 un spectacle pour dix danseurs, sur des pièces radiophoniques de Luc Ferrari, en référence aux marathons de la danse immortalisés par On achève bien les chevaux. Créée à Montpellier danse, la pièce a été saluée pour la subtilité de son travail d’abstraction, fondé sur le concept physique du Paradoxe des jumeaux, qui relativise le temps à partir de l’expérience asymétrique du mouvement et de la vitesse d’un couple identique.

Qu’en est-il dans la version donnée le 9 mai au Silo pour les Musiques ? Des 5 couples il n’en reste que 4, et la chorégraphe danse. Or elle n’a plus la fermeté des appuis ni la souplesse pour suivre ses interprètes, se remet la mèche en place comme une débutante, parasite sans cesse la gestuelle subtile qu’elle a pourtant inventée. Donc : des couples évoluent, accolés, comme siamois, dans des costumes colorés et savamment moulants, et une scéno d’Annie Tolleter par moments magique ; sur une musique, faite de matériaux bruts identifiables, de sons concrets ou de synthèse ; mais rien n’a de sens, aucun rapport ne s’opère entre les images, les sons, la danse ; les deux références au Paradoxe et au Marathon sont illisibles sauf dans la feuille de salle. Pourquoi d’ailleurs Twin Paradox, pour une pièce tournée en France, d’une chorégraphe et d’un compositeur français, à partir d’une loi physique énoncée par Langevin ?

AGNÈS FRESCHEL
Mai 2014

Photo : Twin-Paradox-c-Marc-Coudrais

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