On l’appelait PalestineVu par Zibeline

 - Zibeline

Qu’y a-t-il de commun à la gare d’Anvers et à Wadi Fukin, village palestinien en Cisjordanie occupée ? Une volonté humaine de domination par l’expression architecturale. Ils savaient pas qu’ils étaient dans le monde démarre par une rencontre dans le restaurant d’une gare en Belgique qui mènera jusqu’au conflit israélo-palestinien. À leur retour de trois séjours dans les territoires illégalement occupés, Nolwenn Peterschmitt et Maxime Lévêque décryptent les mécanismes oppresseurs de la colonisation par le prisme du bâti. Sans drapeau ni slogan mais maniant une méthodologie où le factuel se conjugue au cynisme, les deux auteur·rice·s et interprètes du Groupe Crisis déconstruisent nos perceptions. À l’aide de témoignages sonores, de maquettes sommaires, de constats imparables et de réflexions lucides, cette œuvre documentaire parvient à ajuster notre angle de vue le temps d’un voyage immobile vers une destination que l’on pourrait nommer la clairvoyance. Et de conclure sur les vers de Mahmoud Darwich : « Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre / Il y a sur cette terre, le commencement des commencements, la fin des fins / On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine ».

LUDOVIC TOMAS
Juillet 2021

Photo Ils ne savaient pas qu’ils étaient dans le monde, Groupe Crisis © Pierre Gondard

Ils savaient pas qu’ils étaient dans le monde, les 3 & 4 juillet, à la Friche la Belle de Mai, dans le cadre du Festival de Marseille