Haines postmodernes de Gilles Ascaride aux éditions Folies d'encre

Ode à la haineLu par Zibeline

Haines postmodernes de Gilles Ascaride aux éditions Folies d'encre  - Zibeline

Gilles Ascaride déteste les pigeons et les clubs échangistes, mais aussi le travail ou, plus étonnamment, les rêves. À travers l’énoncé joyeux de ces haines irraisonnées, le chef de file de l’overlittérature Marseillaise nous emmène dans les méandres de sa vie, de sa jeunesse en solitaire jusqu’à la retraite. Ce recueil d’instants et d’histoires personnelles ressemble à des secrets confiés en vitesse à son journal intime par un bulldozer qui aurait du style, puisé dans les textes qu’il a mâchés au long de sa vie. Après Amours modernes, son précédent roman aux éditions Folies d’Encres, place aux Haines postmodernes, incontrôlables, presque inavouables : Gilles Ascaride n’y va pas à demi-mot, et il sait que la défense du postmoderne peut ressembler parfois à du passéisme, et construire une pensée réactionnaire… Alors il choisit l’éclatement et la déconstruction, et c’est sur un rythme soutenu et par un phrasé acerbe qu’il dépeint par touches épaisses notre univers peuplé d’objets qui «nous aliènent, nous contraignent […] prennent de la place et ne donnent rien» : des pigeons, «ces saletés emplumées» aux bibliothèques, «plutôt la cité de l’angoisse»… Reste à la fin, indéniablement, malgré la haine de Zola, l’amour des mots. L’overlittérature ?

MANON MATHIEU

Juin 2013

Haines postmodernes
Gilles Ascaride
Folies d’encre, 16 €