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L’élégance en continu : la photographe Louise Dahl-Wolfe à l'honneur à Montpellier

Objectif Beauté

• 19 octobre 2016⇒8 janvier 2017 •
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L’élégance en continu : la photographe Louise Dahl-Wolfe à l'honneur à Montpellier - Zibeline

Jamais deux sans trois : après les voyages d’Hélène Hoppenot et les autoportraits d’Elina Brotherus, le Pavillon Populaire, lieu montpelliérain dédié à la photographie, accueille une troisième femme.

Louise Dahl-Wolfe (1895-1989) s’est très largement consacrée à la photographie de mode. Elle en a été l’une des pionnières, pendant presque 30 ans, sur les pages et les couvertures de la revue Harper’s Baazar. Grâce à elle, le luxe et le glamour sont sortis dans la rue, au musée, dans les sites touristiques du monde entier. La lumière devint naturelle, les plastiques non retouchées. Le vêtement s’émancipe : il habite l’espace, il imprègne l’environnement, il nourrit le cadre. Que dire alors de ces femmes qui rarement regardent l’objectif, concentrées sur on ne sait quel rêve ou destin, toutes tellement élégantes, parfaites, sculpturales ? Il règne dans les travaux de Dahl-Wolfe un étrange mélange d’évidente modernité et d’insidieuse atmosphère datée. Les compositions sont très affirmées. Les pièces muséales offrent des contrepoints audacieux. Les matières, dans les tirages noirs et blancs somptueux effectués par l’artiste dans les années 70, sont profondes, vivantes. Mais alors, d’où vient ce parfum de figé, arrimé dans une époque ? Les visages, toujours blancs ? Les tissus des robes Dior, Balenciaga et autres têtes d’affiche du luxe des années 30-60 ? Les décors intérieurs ? Il y a tout cela, qui nous fait observer les photographies de Dahl-Wolfe avec un certain recul, mêlé de curiosité. On les regarde avec un œil d’historien devant une toile, qui essaierait de mieux plonger dans une époque en décodant les canons de beauté, et les moyens utilisés par l’artiste pour s’en affranchir.

Et puis, dans cette galerie de tableaux, des images trouent soudain l’harmonie. Il y a cette femme, photographiée à Paris en 1947, devant des bâtiments bombardés. Le sol est brut, des gravats, les escarpins noirs sont inappropriés, le sourire est éclatant, libre, la robe est en mouvement, le regard plissé, joueur : il y a de la provocation, de l’énergie, la marque d’une artiste qui s’exprime bien au-delà diktats de la mode et de son époque.

ANNA ZISMAN
Décembre 2016

L’élégance en continu, Louise Dahl-Wolfe
jusqu’au 8 janvier 2017
Pavillon Populaire, Montpellier
04 67 66 13 46
montpellier.fr

Photo : Louise Dahl-Wolfe – Suzi Parker au bord de la Seine – ensemble Balenciaga, Paris, France, 1953


Pavillon Populaire
Esplanade Charles de Gaulle
34000 Montpellier
04 67 66 13 46
montpellier.fr/506-les-expos-du-pavillon-populaire.htm