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Récital de Philippe Cassard aux Nuits Pianistiques

Nuits aixoises

Récital de Philippe Cassard aux Nuits Pianistiques - Zibeline

Auréolé d’un parcours brillant et moult fois primé, le pianiste Philippe Cassard ne résista pas au bonheur des mots afin de présenter les pièces d’un concert aux couleurs romantiques. Si la contextualisation des œuvres était bienvenue (ainsi que l’explication des thèmes abordés dans les Six Lieder Ohne Worte de Mendelssohn), quoiqu’un peu longuette, le fait de préparer l’auditoire à s’extasier forcément sur tel trait ou telle virtuose variation n’était pas obligatoire, l’écoute pouvant en principe suffire… Fallait-il aussi relever la « puissance » de Brahms, opposée au caractère « charmant » des compositions de Clara Schumann… une femme ne pouvant sans doute pas prétendre à autre chose qu’une certaine joliesse ! Pourtant, rarement l’adjectif « charmant » a été aussi mal attribué. Le travail de la musicienne étant tout sauf « délicatement féminin », mais au contraire, puissant, riche, inspiré, bouleversant, poétique, emporté, enlevé… Tant d’épithètes possibles ! Et pour ne pas se contredire fallait-il jouer sa Romance en la mineur opus 21 avec une certaine mièvrerie ? Alors que l’exécution de la Rhapsodie en sol mineur op. 79, de la Ballade n°1 op. 10 et des Fantaisies n° 1 à 3 op. 116 de Brahms qui doit tant à celle qu’il aima avec passion, (Clara Schumann), connaissait un moment de grâce, où fleurissaient musicalité du jeu, ampleur, sensibilité, finesse… L’artiste s’attachait en deuxième partie à la monumentale Sonate en la majeur D. 959 de Schubert. Oscillation entre rêve d’action et monde illusoire, délices printaniers et déserts arides, lumière bienheureuse et visions d’horreur… l’œuvre offre des contrastes flamboyants que la verve de l’interprète rend avec fougue, et parfois un peu trop d’emphase et de grandiloquence. Rendant hommage à son professeur Dominique Merlet, (présent dans la salle), et qui fut aussi celui de l’âme du festival des Nuits pianistiquesMichel Bourdoncle , Philippe Cassard cédait avec générosité à la tradition des bis et clôturait son récital par l’intemporel Clair de lune de Debussy.

MARYVONNE COLOMBANI
Août 2019

Concert donné le 2 août, auditorium Campra, Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence.

Photographie © Luis Bicalho


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