Le documentaire de Stéphane Mercurio, À l’ombre de la République, à l'occasion des Journées Nationales de la Détention

Nos prisons : l’échec de la RépubliqueVu par Zibeline

Le documentaire de Stéphane Mercurio,  À l’ombre de la République, à l'occasion des Journées Nationales de la Détention - Zibeline

Quelques jours avant que n’éclate l’affaire des Baumettes, où les conditions scandaleuses de détention ont amené Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de détention, à demander à la Garde des Sceaux de prendre des mesures d‘urgence, la journée nationale des prisons a donné lieu à une projection qui met en scène son action.

La L.D.H et le groupe local  « concertation prison » de La Farlède (constitué de bénévoles intervenant auprès des détenus et de leurs familles) ont profité de  cette journée  pour projeter au cinéma Le Royal à Toulon, le documentaire français de Stéphane Mercurio,  À l’ombre de la République.

Depuis 2007, Jean-Marie Delarue, aidé par de nombreux contrôleurs issus pour la plupart des milieux carcéraux, médicaux et judiciaires, est chargé d’inspecter les lieux de privation de liberté, prisons mais aussi hôpitaux psychiatriques, commissariats, d’établir des rapports précis afin d’améliorer les conditions de vie des détenus qui dans certains cas ne sont pas traités comme des humains….

Stéphane Mercurio a pu suivre pendant quelques mois ces contrôleurs dans leurs déplacements, filmer les entrevues  (sauf dans les commissariats où seules des photographies ont pu être diffusées) et assister aux comptes rendus de ces visites. Le résultat est accablant : exploitation, solitude, détresse, violence quotidienne  pour les prisonniers, désarroi et manque d’effectifs pour le personnel.

Le débat qui a suivi la projection réunissait la directrice adjointe du centre de détention de La Farlède, d’anciens détenus  et un médecin de la prison des Baumettes, des gardiens. De leurs témoignages, des conclusions identiques : il y a trop de détenus en France, (67000 pour 59000 places) et le projet  de constructions de nouvelles centrales n’est pas une solution.

Tous semblent être d’accord pour affirmer  que notre système pénal est à revoir. L’enfermement  ne résout rien, dans la mesure où à la séquestration physique s’ajoute une séquestration mentale aux conséquences bien plus graves pour l’individu et son devenir.

D’autres solutions sont envisageables telles que le bracelet électronique, les travaux d’intérêt général et surtout la semi-détention qui a fait ses preuves chez nos voisins européens.

MIREILLE VERCELLINO

Décembre 2012