Wonderful Town, hymne à la Grosse Pomme à l’Opéra de Toulon

New York, New York !Vu par Zibeline

Wonderful Town, hymne à la Grosse Pomme à l’Opéra de Toulon - Zibeline

Comme le titre à raison Olivier Bénézech, metteur en scène du premier spectacle de l’année à l’Opéra de Toulon dans sa note d’intention, Wonderful Town, comédie musicale américaine injustement méconnue de ce côté de l’Atlantique, et pourtant due au fameux Léonard Bernstein, a résonné comme un hymne à la Grosse Pomme. Cette ville de tous les possibles est donc conçue comme le théâtre des aventures de ses deux héroïnes « provinciales », venues de l’Ohio en quête d’une vie meilleure. Ce spectacle, donné en création française, était d’une énergie explosive et visiblement très inspiré par les « Big Apple contests », tradition chorégraphique typique de la ville. La partition instrumentale, au son plus proche du big band de jazz que d’un orchestre symphonique classique, était admirablement interprétée par les instrumentistes de la maison dirigés pour l’occasion par le pétillant spécialiste de ce type de répertoire Larry Blank. L’histoire était aussi subtilement mise en scène dans une version contemporaine. Un anachronisme bien vu et parfaitement secondé par une scénographie cohérente de Luc Londiveau, où les décors bien pensés étaient rehaussés par des lumières très typiques du music hall et du mapping vidéo ad hoc, livrant çà et là quelques saillies humoristiques de circonstance -clin d’œil sans doute aux panneaux souvent utilisés dans les mises en scène des œuvres de Kurt Weill et Bertolt Brecht. Le plateau n’était pas en reste : peuplé d’artistes aux costumes bigarrés, chanteurs mais aussi excellents danseurs et bons acteurs au plaisir de jouer communicatif, il réservait une place de choix aux principaux protagonistes soutenus par des chœurs en grande forme. Les deux héroïnes formaient un duo idéal où la gouaille féline de Jasmine Roy (Ruth Sherwood) répondait à la naïveté juvénile de Rafaëlle Cohen (sa sœur Eileen), perturbé par l’amant timide campé avec une exquise maladresse par Maxime de Toledo (Robert Baker). Un parfait remède à la morosité.

ÉMILIEN MOREAU
Février 2018

Wonderful Town a été donné les 26, 28 et 30 janvier à l’Opéra de Toulon

Photographie : Wonderful town © Frédéric Stéphan

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