"King kong théorie" au théâtre Gilgamesh (dans le cadre de la Sélection suisse en Avignon) jusqu'au 24 juillet

Néo féminismeVu par Zibeline

• 7 juillet 2016⇒24 juillet 2016 •

On peut ne pas être d’accord avec certaines idées du King Kong théorie de Virginie Despentes, ce qu’elle y dit de la pornographie, de la prostitution occasionnelle, voire du viol. Mais cet essai si personnel, qui est en fait à la fois un cri de révolte et une confession touchante, ne peut se lire comme une enquête sociologique ni même comme un manifeste. Le mettre en scène dans son rapport personnel à chacune d’entre nous, actrice et danseuse sur la scène, spectatrices (et quelques spectateurs) dans la salle, est sans doute la façon la plus juste de le donner à voir. Celle que choisit Emilie Charriot, donnant la parole à la danseuse Géraldine Chollet qui commence le spectacle en parlant de son propre corps, puis à Julia Perrazine qui dans un simple face à face avec le public dit avec force et émotion la domination, la peur, la liberté, et le viol « inhérent à notre condition de fille », dont il faut se relever, pour vivre debout. Les larmes viennent, la gorge se serre, et la mise en spectacle du texte prend tout son sens. Puis l’empathie fait remonter dans nos têtes tous ces chiffres qu’elle ne dit pas, mais que sa dénonciation du système des genres (virilité contre féminité) éclaire crûment :  en France une femme sur dix sera violée au cours de sa vie, et autant d’hommes sont des violeurs.

AGNES FRESCHEL
Juillet 2016

King kong théorie au théâtre Gilgamesh (dans le cadre de la Sélection suisse en Avignon)
jusqu’au 24 juillet
Avignon Off

Retrouvez nos autres critiques sur le festival d’Avignon 2016 dans le numéro d’été de Zibeline, à paraître le 16 juillet chez tous les marchands de journaux.

Photo : King Kong Théorie -c- Agnès Mellon