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Vu par Zibeline

My beautiful boy : le combat bouleversant d'un père pour sauver son fils

My Beautiful Boy

• 23 mars 2019 •
My beautiful boy : le combat bouleversant d'un père pour sauver son fils  - Zibeline

Invité d’honneur du 20e Festival International du film d’Aubagne, le réalisateur belge Felix van Groeningen auteur du très remarqué Alabama Monroe en 2012, n’a pu hélas se déplacer. Sa présence n’en fut pas moins très forte au travers de son dernier film,  My beautiful boy, présenté hors compétition, le dernier jour de la manifestation aubagnaise. 

Le réalisateur s’appuie sur deux livres-témoignages : celui de David Sheff et celui de son fils Nicolas addict aux drogues dures dès son adolescence. Histoire du combat d’un père pour sauver son « formidable garçon ». D’une cure de désintoxication à l’autre, d’un échec à l’autre. Histoire de l’anéantissement d’un garçon brillant, promis à un avenir radieux, qui peu à peu, devient parmi les siens, un parfait étranger, une énigme, un danger.

Comprendre. Se renseigner. Se mettre à la place de. Chercher désespérément à travers photos, souvenirs, celui qu’on a connu ou cru connaître. Tenter de percevoir la faille, le moment de basculement, la faute peut-être -car la culpabilité n’est jamais loin. Pour le fils qui se drogue et a honte de le faire dans ses moments de lucidité. Pour le père qui n’a pas su éviter ça et ne parvient pas à arrêter le processus de destruction.

Pourquoi ce garçon merveilleux qui vit dans une maison merveilleuse auprès d’un père, d’une belle-mère, d’un demi-frère et d’une demi-sœur tout aussi merveilleux, a-t-il commencé à se droguer ? Certes il y a eu le divorce des parents dans son enfance mais tout semble s’être fait dans l’intelligence et l’amour. On est loin de l’underground, de la détresse sociale et de la dérive d’ados abandonnés par des géniteurs tout aussi paumés qu’eux. La mise en scène de Felix Van Groeningen par une multitude de flashes back intégrés au déroulement du récit, par la juxtaposition des moments familiaux et intimes, installe le spectateur dans un temps qui n’est plus linéaire. On se trouve au milieu d’un puzzle dont les morceaux ne s’ajustent plus. Et au cœur d’un drame poignant incarné par d’excellents comédiens : Steve Carell et Timothée Chalamet pour le duo père-fils, Maura Tierney en belle-mère attentive et Amy Ryan en mère meurtrie. Si la fin « à l’américaine » ramenant le film de fiction au document dont il s’inspire, selon la tradition du « based on a true story » est un peu superflue, les questions posées demeurent fortes, dérangeantes, obsédantes : comment faire son deuil d’un enfant vivant ? Comment accepter qu’on ne puisse pas aider celui qu’on aime « plus que tout » ?

ELISE PADOVANI
Mars 2019

Le film a été projeté le 23 mars au cinéma Le Pagnol dans le cadre de la 20e édition du FIFA

Photo : Copyright AMAZON CONTENT SERVICES LLC. François Duhamel