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Vu par Zibeline

Le Festival Les Musiques du Gmem, au service des musiques d'aujourd'hui... et demain !

Musiques et créations d’aujourd’hui… et demain !

• 3 mai 2014⇒17 mai 2014 •
Le Festival Les Musiques du Gmem, au service des musiques d'aujourd'hui... et demain ! - Zibeline

À travers la Ville, le Festival Les Musiques du Gmem a laissé de belles traces musicales, sonores, chorégraphiques… Une dizaine de jours d’expériences et de créations à vivre… et revivre !

En préambule au Festival, l’équipe du Gmem se réunissait à l’Alcazar le 3 mai pour annoncer la couleur de ses «Musiques» en 2014. Christian Sebille, directeur du Centre National de Création Musicale à Marseille, présentait les pistes à emprunter à travers ses multiples propositions : de la musique spectrale aux paysages sonores, de l’électronique à la danse, de l’orchestre à l’intime solo, du vaste plein-air à la salle de concert, des liens avec la littérature…

C’est du reste à ce propos qu’on retrouvait Bernard Cavanna, personnalité attachante et originale dans l’univers parfois confiné de la création musicale contemporaine. Il faut le voir dans un documentaire qui lui est consacré, tentant vainement, sur un marché populaire, de brader pour 1 euro un enregistrement de ses œuvres, son trophée des «Victoires de la Musique» à la main conquis depuis peu : du pur burlesque ! De fait, il fut question de sa mise en musique d’un texte polémique de Céline dont le compositeur se dit tout à la fois «admiratif de l’écrivain», mais «écœuré par l’ordure» ! C’est la sur-violence à l’encontre de Sartre qui intéresse Cavanna dans L’agité du bocal, c’est aussi la force avec laquelle le soliste de son Concerto pour violon tente de s’extirper de l’environnement hostile de l’orchestre qui rend son œuvre originale, comme la façon de considérer le violon à l’instar d’un instrument polyphonique.

Autant de clés qui ont été utiles à ceux qui ont retrouvé la formidable violoniste Noëmie Schindler lors de la soirée d’ouverture du 7 mai à la Friche la Belle de mai. On avait senti sa flamme artistique à la bibliothèque municipale dans quelques pièces pour violon seul. On a brûlé aux tremolos de son archet virtuose, sur le grand plateau de La Friche, face à l’Orchestre Régional Avignon Provence et son bouillonnant chef Jean Deroyer.

La soirée avait débuté sur le toit-terrasse de l’ancienne manufacture des tabacs. On s’était assis en foule autour du podium des musiciens : le soleil amorçait son déclin au dessus de la «côte bleue» et l’Orchestre Régional de Cannes PACA (dir. Vincent Renaud) distillait les séduisantes obstinations mélodiques du Concerto grosso de Philip Glass : un musicien américain dit «minimaliste» qui a pour mérite de réconcilier l’art contemporain et le grand public.

C’est cette même phalange orchestrale que l’on retrouvait plus tard dans un répertoire plus rude. Hugues Dufour partait à L’Origine du Monde (d’après Courbet) et toute la sensualité résonnante d’une caisse pianistique (Alain Neveux) diffractée aux pupitres instrumentaux. Chez Tristan Murail dans Le Lac, ce sont les propriétés acoustiques de sons naturels puisés autour d’un lac américain, «utilisés pour leur pure valeur musicale et sonore», qui servaient une composition s’étirant doucement, sans «tape à l’oreille» !

Deux belles formations musicales de Provence au service des musiques d’aujourd’hui… et demain !

JACQUES FRESCHEL
Mai 2014

Spectral

La scène du Petit Plateau de la Friche s’est parée de mille et une couleurs le temps d’un concert intitulé Impression, soleil couchant. Avec à la baguette Raoul Lay et aux manettes Christian Sebille, l’Ensemble Télémaque a habillé d’une parure polychrome l’espace fréquentiel si cher au courant de musique spectrale. Sous les yeux de Jean-Claude Risset en personne, venu savourer en voisin son opus Passages pour flûte(s) et sons de synthèse, les Treize couleurs du soleil couchant de Tristan Murail invitèrent l’auditoire à l’analogie entre les phénomènes visuels naturels et auditifs. Variations de lumière inhérentes aux couchers du soleil devant lesquels le compositeur a commencé à «penser» sa pièce, cette œuvre phare de l’esthétique spectrale, qui s’écoute aussi «avec les yeux» a diffusé ses faisceaux versicolores pour le plaisir des auditeurs.

FRÉDÉRIC ISOLETTA
Mai 2014

Photo : Festival-Les-Musiques—Orchestre-Régional-de-Cannes-PACA-dir.-Vincent-Renaud-c-J.F.