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Vu par Zibeline

Madama Butterfly de Puccini triomphe à l'Opéra de Marseille jusqu'au 24 mars

Mortel papillonnage !

• 18 mars 2016⇒24 mars 2016 •
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Madama Butterfly de Puccini triomphe à l'Opéra de Marseille jusqu'au 24 mars - Zibeline

Madama Butterfly est un formidable « mélo » qui, s’il est bien chanté et mis en scène, fédère les opinions positives, de celle d’un ingénu qui mettrait pour la première fois les pieds dans une maison d’opéra à celle, argumentée, d’un « lyricomane » accompli. C’est le cas à Marseille pour la reprise de la production de 2007, signée Numa Sadoul, de l’œuvre de Puccini, rehaussée d’un superbe plateau vocal. Dans le rôle titre, écrasant, la soprano Svetla Vassileva fait des prouesses. C’est une belle découverte sur la Canebière. La soprano possède ce qu’il faut de fragilité, silhouette gracile au jeu scénique hypersensible pour une adolescente geisha, et une puissance vocale impressionnante. Dans ce registre Teodor Ilincai n’est pas en reste. Son chant incisif passe sans souci l’obstacle naturel de la fosse d’orchestre et parvient jusqu’au dernier rang d’un théâtre plein à craquer. De surcroît, le ténor interprète le lieutenant Pinkerton avec davantage de nuances qu’on avait entendues dans Roméo (2011). Leur duo est la clé de voûte du spectacle, dont la réussite est couronnée par les rôles adjacents. On retrouve Paul Szot avec bonheur depuis ses débuts marseillais dans Oneguine (2004) : dans le rôle du consul Sharpless il est confondant de compassion et son baryton rayonne. Toute la distribution est à la hauteur de l’enjeu puccinien qui mêle théâtralité et ampleur vocale avec Cornelia Oncioiu (excellente servante Suzuki), Jennifer Michel (sensible femme américaine Kate Pinkerton), Rodolphe Briand (l’entremetteur et burlesque Goro), Jean-Marie Delpas (affreux et fantasmagorique Bonze !), Camille Tresmontant (le prétendant éconduit Yamadori), Mikhael Piccone (parfait commissaire impérial au mariage) et jusqu’aux choristes-maison… L’Orchestre de l’Opéra de Marseille moule son souffle symphonique dans la pâte vocale du plateau, en vertu d’une direction vigilante où Nader Abbassi fait preuve à la fois de souplesse et d’autorité.

On se rend donc les yeux fermés aux représentations de l’Opéra de Marseille, pour profiter des voix et de la scénographie, de la direction d’acteurs, sobre mais efficace, soulignant les contrastes de cultures et sociaux du livret, la psychologie propre de chaque personnage, la sensualité des scènes et de la ligne mélodique… et l’on pleure comme il se doit, lorsqu’au bout de l’ouvrage Cio-Cio San s’immole, tel un papillon épinglé à son poteau de vigie, sur les cris de remords de son mari d’opérette !

JACQUES FRESCHEL
Mars 2016

Madama Butterfly est donné à l’Opéra de Marseille les 18, 20, 22 et 24 mars

Photo : Madama Butterfly -c Christian Dresse


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