Vu par Zibeline

21 août 2015. Clôture du 35ème Festival de La Roque d'Anthéron : jazz et Kingstown à la fête !

Monty Alexander : musicien de la couleur !

• 21 août 2015 •
21 août 2015. Clôture du 35ème Festival de La Roque d'Anthéron : jazz et Kingstown à la fête ! - Zibeline

René Martin, directeur artistique du Festival International de piano de la Roque d’Anthéron, a eu la riche idée de proposer Monty Alexander et son ensemble pour le concert de clôture du festival : « Harlem Kingstown Express ». Une conclusion festive, chaleureuse, une chaude ambiance au Parc du château de Florans. Le pianiste jamaïcain confesse qu’il ne sait lire une partition et n’a jamais fréquenté un conservatoire, classe de piano ou autres. Il s’est nourri toute sa vie d’écoutes, d’influences, un travail acharné à répéter des sons, des traits, des gammes, des arpèges, des accords, sans en connaître la terminologie classique. Heureux d’être sur ce plateau ou ses confrères prestigieux l’ont précédé dans 44 concerts ! De Kingstown à Miami puis New-York, Alexander croise et accompagne les plus grands (Sinatra). Il est le pianiste de « Bird », le film-hommage à Charlie Parker. Entouré de cinq musiciens (contrebasse, batterie-percussions, batterie, guitare, guitare électrique), il dégage une bonhomie communicative. Il démarre un thème souvent très simple sur une grille de trois accords puis varie à l’infini, cassant tempo et rythmes initiaux pour des envolées ou chacun prend le relais. Chanson cubaine, blues, reggae, clins d’œil à Armstrong, les styles se mêlent, les musiciens semblent danser avec lui. Bien sûr, il n’est ni Tatum ni Petrucciani, et quand il se hasarde à jouer la Rhapsodie in Blue de Gershwin, le fameux glissando suivi du thème en accélération avec de terribles octaves, il accroche et sourit, mais sait intelligemment faire une transition harmonique subtile pour aller dans des contrées plus maîtrisées. Des thèmes très romantiques se posent alors calmement, on dirait le départ d’une valse de Chopin. Mais aussitôt, syncopes, contretemps, couleurs harmoniques riches, main gauche chaloupée… proposent une rupture systématique. Alexander se plaît à varier tous ces horizons musicaux qui sont le résumé de sa vie, faite de croisements, de rencontres, comme celles de ses musiciens jamaïcains et américains, pour le plus beau des brassages.

YVES BERGÉ
Août 2015

Festival International de piano de La Roque d’Anthéron
Monty Alexander et son ensemble
Parc du Château de Florans, le 21 août.
www.festival-piano.com
Photo © Christophe Grémiot