Inauguration du MoCo à Montpellier

Montpellier sur la route de Los Angeles

• 29 juin 2019 •
Inauguration du MoCo à Montpellier  - Zibeline

Après presque 5 ans de gestation, l’Hôtel des Collections complète le MoCo : Montpellier inaugure son ère contemporaine.

Ce fut, avec le moratoire imposé sur la construction de la ligne 5 du tramway, le deuxième point de positionnement radical contre les projets en cours interrompus par le décès de Georges Frêche. Philippe Saurel décidait en effet, très rapidement après son élection à la mairie de Montpellier en avril 2014, de stopper les études visant à transformer l’Hôtel Montcalm en musée « de la France en Algérie », pour impulser une orientation différente à ce beau bâtiment XIXe situé en plein centre de la ville : Montpellier aurait son centre d’art contemporain, engageant la métropole méditerranéenne dans une dimension fortement revendiquée de capitale culturelle.

Quelques nominations plus tard (Nicolas Bourriaud à la direction, Vanessa Bruno présidente du conseil d’administration, Philippe Chiambaretta architecte de la réhabilitation de l’Hôtel Montcalm), et après un chantier long et délicat, le dernier et principal élément de la structure tripartite du MoCo (Montpellier Contemporain) va ouvrir ses portes lors d’un week-end inaugural introduit depuis le 8 juin par la ZAT 100 artistes dans la ville (jusqu’au 28 juillet, lire journalzibeline.fr). L’Hôtel des Collections, « vaisseau amiral » du MoCo, comme l’appelle l’architecte chargé de son réaménagement, constitue en effet le troisième volet de cette institution qui rassemble, avec La Panacée (désormais espace de production et d’exposition pour les artistes émergents) et l’École des Beaux-Arts, trois entités visant à enseigner, créer, diffuser l’art contemporain. Une forme horizontale et hybride, maillant l’ensemble du centre-ville pour faire de Montpellier la « contre-scène culturelle française, comme l’est Los Angeles par rapport à New York » (N. Bourriaud).

The place to be

Trois expositions temporaires y seront proposées chaque année, présentant une collection spécifique (collective, individuelle, thématique ou historique) : celle d’une fondation, d’un collectionneur privé, d’une entreprise, d’un musée ou d’un artiste, souvent dévoilée pour la première fois dans un contexte public. Le bâtiment a aussi la vocation de devenir un rendez-vous des sorties culturelles (lieux d’expositions ouvert jusqu’à 22 h en été) / dominicales / apéritives, avec son restaurant, son parc avec œuvres d’art en libre accès (imaginé par l’artiste Bertrand Lavier, ouvert jusqu’à 1h du matin, 2h en été), et… sa boutique (dont l’espace sera renouvelé chaque saison).

Coup d’envoi le 29 juin avec la toute première collection, celle initiée en 2011 par Yasuharu Ishikawa. Ce (riche) entrepreneur japonais a rassemblé, en peu de temps, un corpus exceptionnel, porté par une grande cohérence. Ce sont 30 des œuvres du collectionneur que nous pourrons découvrir dans l’exposition Distance intime (commissariat Yuko Hasegawa, directrice artistique du Musée d’Art Contemporain de Tokyo), créations d’artistes internationaux (Pierre Huyghe, Tino Sehgal, Simon Fujiwara, Steve McQueen…) reliées autour de récits personnels intimes et universels. Les sculptures, peintures, photographies, vidéos et installations sélectionnées, couvrant une période qui s’étend des années 60 à aujourd’hui, et dont beaucoup utilisent l’interaction directe avec le spectateur, invitent, annonce la commissaire, à un voyage empreint d’une étrange sérénité. Démarrage en douceur… Week-end inaugural gratuit (29 et 30 juin), avec de nombreuses performances, une soirée au Rockstore, des visites et parcours dans la ville (ZAT), des ateliers participatifs, des concerts.

ANNA ZISMAN
Juin 2019

Ouverture le 29 juin
MoCo, Hôtel des Collections, Montpellier
moco.art

Photo : MOCO, Hôtel des collections à Montpellier – Image de synthèse Agence PCA Stream