Retour sur les premières dates du festival Marseille Jazz des cinq continents

MJ5C : retour en scèneVu par Zibeline

• 16 juillet 2021⇒25 juillet 2021 •
Retour sur les premières dates du festival Marseille Jazz des cinq continents  - Zibeline

Retour sur les premières dates du festival Marseille Jazz des cinq continents à la Villa Gaby, à la Vieille Charité et au Musée Cantini. C’était bon, bien et beau !



Villa Gaby

Sept cabarets-jazz ont été programmés entre le 1er juin et le 12 juillet sur la terrasse de la villa Gaby. Le 15 juin, c’était Jon and John, groupe formé par John Massa au saxo, Jérôme Mouriez à la batterie, et Jonathan Soucasse au piano, quelques jours après la sortie de leur album Childrens park. On retient leurs reprises très « chantantes » du Blackbird des Beatles ou du Birdland des Weather Report. Et une émouvante Variation Goldberg de Bach, arrangée pour piano et sax, dédiée à leur ami Philippe Troisi, guitariste des Quartiers Nord récemment décédé. Le 5 juillet, Madam Waits était accompagnée de Renaud Matchoulian à la guitare, Romain Morello au trombone et soubassophone, et Julien Tribout à la scie musicale. Madam Waits c’est Alexandra Satger, chanteuse et percussionniste. Elle a noué avec les chansons de Tom Waits une relation forte, qu’elle évoque par de brèves ponctuations épistolaires, adressées à ce « Cher Tom », glissées parmi une bonne douzaine de reprises, dont Chocolate Jesus, Temptation, Ice Cream Man, Jockey full of bourbon. Il vaut mieux être anglophone pour apprécier la poésie de ce « Cher Tom ». Mais, malgré quelques petites raideurs, le jeu et les facéties des musiciens, tout comme le chant d’Alexandra Satger, ont permis d’en saisir l’esprit, chaloupé.



Vieille Charité

C’est en voyant Ahmad Jamal en concert en juin 1997 dans la cour de la Vieille Charité qu’Hughes Kieffer, aujourd’hui directeur du MJ5C, s’était promis d’y refaire venir le jazz live. C’est désormais chose faite, avec une série de concerts qui ont eu lieu du 8 au 10 juillet. Le soir du 9 juillet, Thomas Enhco et Stéphane Kerecki, duo piano-contrebasse ont joué leurs Folk songs, reprises jazz de morceaux pop, parmi lesquels Natural Woman de Carol King, Fields of Gold de Sting, Lean on me de Bill Withers. L’idée : « Avec 3 accords, 5 notes, se lâcher, se libérer : c’est ça le jazz ». Objectif atteint. Leur ont succédé sur scène le quartet (trompette, piano-claviers, chant, batterie) d’Airelle Besson venu jouer quelques titres de son album Try. Un jazz mélodique, léger, très équilibré, orienté vers la relation trompette-voix, dont les trajectoires sinueuses respectives se rapprochent, se rejoignent, s’éloignent, ponctuées d’éclats, dramatisé par les grands gestes et les envolées vocales de la chanteuse Isabel Sörling. La soirée du 10 juillet s’ouvrait avec l’élégante Camille Bertault, chanteuse à la voix claire et puissante, accompagnée de 4 musiciens impeccables (percussions, piano, contrebasse, batterie). Un concert autour des titres de son second opus Le tigre, avec en bonus un Chopin (Prélude n°4 en mi mineur), ou encore une chanson en haïkus (sur 5, 7, puis 5 temps). Musicalement irréprochable, la plupart de ses textes (Je suis vieille, À quoi bon) laissent l’impression de ne pas arriver, pour l’instant, à traduire toute son originalité. Le trio (piano-basse-batterie) du pianiste cubain Harold Lopez-Nussa  a clôturé cette dernière soirée à la Vieille Charité : un jazz cubain comme un cocktail fruité, réunissant simplicité, virtuosité, musicalité, et groove ravageur. Son batteur de petit frère est phénoménal, et il ne s’est pas privé de le montrer.

Marc Ribot (c) Clara Lafuente 



Musée Cantini

C’est le peintre Gérard Traquandi qui a réalisé l’affiche du festival cette année, et dont l’exposition Ici-là se déroule en ce moment au musée Cantini, qui a dit « Marc Ribot », sans y croire, à Hughes Kieffer qui lui demandait quel musicien il aimerait voir à Marseille. Vœu exaucé, le guitariste, collaborateur notamment de Tom Waits, Alain Bashung, John Zorn, est venu donner un concert solo dans le jardin du musée. Loin de l’électricité de son groupe actuel Ceramic Dog, il est apparu muni d’une guitare classique. Et après avoir déclaré « I don’t like to talk, and i don’t like to stop » s’est courbé sur son instrument, pour des séquences longues et riches, modulant toutes les variables d’une expérience musicale : les tonalités, les techniques de grattement des cordes, les styles, tantôt baroques, tantôt celtiques, jazz, blues, voire hispaniques. Pendant plus d’une heure, le public s’est laissé porter par cette musique « qu’il est impossible d’anticiper, mais qui tombe toujours juste », selon les mots de Gérard Traquandi.

MARION DURAND et MARC VOIRY
Juillet 2021

Le festival Marseille Jazz des cinq continents se poursuit jusqu’au 25 juillet

Photo : Quartet Airelle Besson (c) Clara Lafuente

À venir :

Théâtre Silvain
17 juillet : Ayo / Chassol & Friends
18 : Benjamin Faugloire Project / One Shot Not Manu Katché
20 : Deluxe
21 : Ibrahim Maalouf

Palais Longchamp
22 juillet : Pianoforte / Deluxe (Morchheba annulé)
23 : Naissam Jalal & Rhythms of Resistance / Belmondo Quintet
24 : Avishai Cohen Trio / Sélène Saint-Aimé
25 : Marion Rampal / Soirée de clôture