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Le Chanteur de Mexico, beau cadeau de fin d'année aux mélomanes marseillais

Mexico enchante Marseille

Le Chanteur de Mexico, beau cadeau de fin d'année aux mélomanes marseillais - Zibeline

Après le succès de Quatre jours à Paris, du même Francis Lopez, en octobre, l’Odéon offrait un Chanteur de Mexico des plus colorés et enlevés. C’est Marc Larcher, étonnant de ressemblance physique avec Mariano, qui campe Vincent Etchebar, chanteur originaire de Saint-Jean de Luz qui monte à Paris, réussit un concours de chant et se retrouve embarqué pour le Mexique. Il chante, joue, danse, enchaîne les 12 airs de la partition : Rossignol de mes amours, Maïtechu…, toujours souriant, charmeur, voix d’un beau velouté, homogène et percutante. Le compère de Vincent, Bilou, amoureux transi et incompris (Claude Deschamps), fantaisiste, danseur, chanteur, est un acteur complet. Cri-Cri (Caroline Gea), amoureuse de Vincent, est craquante dans sa gouaille de chanteuse réaliste parigote : A Montmartre, tout finit par des chansons, grande aisance scénique, contraste avec la star capricieuse Eva (Kathia Blas), beau timbre, ample. Cartoni (Dominique Desmons), dans son rôle d’impresario véreux, est parfait aussi. Tornada est la décapante Simone Burles, sorte de Geronimo plus vrai que nature ! L’imposant JeanMarie Delpas est Zapata ; son imprécation Guarimba, Dieu des combats, repris par les chœurs, fait frissonner le public ! Notons les rôles parlés de Miguelito (belle présence de Mikhael Piccone) et du Grand Sorcier, le toujours truculent Antoine Bonelli. La direction musicale de Bruno Conti souligne merveilleusement tous les reliefs de la partition : valses enjouées, lentes cantilènes, binaire militaire, ternaire chaloupé, cordes expressives et beaux contre-chants des vents, et les cymbales pour la touche jazzy. Beau travail du Choeur Phocéen (Direction Rémy Littolff) qui, comme les solistes, joue, danse, chante, les moments joyeux ou inquiétants. La mise en scène de Jack Gervais est fluide, efficace, ne permet aucun temps mort ; les chorégraphies d’Estelle Lelièvre-Danvers apportent des moments de grâce de d’émotion. Une partition aux mélodies intemporelles, airs, duos, trios, chœur, une inventivité mélodique incroyable, refrains planétaires. Quant au Final Mexico c’est une fête féerique, avec les costumes flamboyants de la Maison Grout.

Beau cadeau de fin d’année pour le public festif et exigeant de l’Odéon !

YVES BERGÉ
Décembre

Le Chanteur de Mexico a été donné les 16 et 17 décembre à l’Odéon, Marseille.

Photo : -c- Marc Larcher


L’Odéon
162 La Canebière
13001 Marseille
04 96 12 52 70
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