Parole et cerveau aux Rendez-vous de demain

Maux dits

• 5 mars 2019 •
Parole et cerveau aux Rendez-vous de demain  - Zibeline

Les Rendez-vous de demain, à l’invitation de l’IMéRA (Institut d’études avancées d’Aix-Marseille Université) ont repris au Théâtre du Gymnase avec une conférence intitulée Les mots/maux du cerveau. Autour de l’animatrice de l’échange, Nancy Cattan, deux chercheurs issus de disciplines différentes : le psychologue et docteur en sciences cognitives François-Xavier Alario et la neuroscientifique Anne-Lise Giraud, professeure à l’Université de Genève, en résidence à Marseille jusqu’au 12 juillet. Leur approche complémentaire du sujet s’est avérée intéressante, nonobstant leur froideur intellectuelle concernant les expérimentations animales, qui a déstabilisé plus d’un auditeur : pour mieux connaître les modes de communication, on lèse sans sourciller le cerveau de différentes espèces. Des pratiques qui sont de moins en moins bien admises par le grand public, même si la recherche aboutit à des applications thérapeutiques chez l’être humain. Entendre Anne-Lise Giraud s’esclaffer en révélant que « les animaux ne parlent pas, mais on peut créer en laboratoire des souris dyslexiques » n’était pas du goût de tout le monde…

La parole, phénomène biologique naturel selon Xavier Alario, s’acquiert chez l’homme sans effort particulier, par instinct dirait Darwin. En cas de lésion du cerveau, que l’origine en soit accidentelle, pathologique ou génétique, les fonctions du langage peuvent être affectées, différemment selon les zones impliquées. L’outillage médical (IRM, encéphalographie) donne aujourd’hui la possibilité de voir en direct le processus cérébral de la parole. On apprend ainsi que les mots sont stockés dans plusieurs endroits du cerveau, ce qui permet des phénomènes de compensation, par voie associative, en cas par exemple de maladie d’Alzheimer. Anne-Lise Giraud précisait que si leur cortex frontal est abîmé, certaines personnes deviennent extrêmement ordurières, l’inhibition qui privilégie un langage châtié étant levée. Dans le cas des souris de laboratoire, nul ne sait si elles conservent la possibilité de haïr les scientifiques qui se servent d’elles comme cobayes.

GAËLLE CLOAREC
Mars 2019

La conférence Les mots/maux du cerveau a eu lieu le 5 mars au théâtre Le Gymnase, Marseille

Photo: Nancy Cattan, François-Xavier Alario et Anne-Lise Giraud © G.C_


Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre Français
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/