Istres propose en une exposition, un cheminement dans la matière et la matérialité de l'art, jusqu'au 1 juillet

Matières en forme

• 7 mars 2016⇒1 juillet 2016 •
Istres propose en une exposition, un cheminement dans la matière et la matérialité de l'art, jusqu'au 1 juillet - Zibeline

Au Centre d’art contemporain intercommunal, Quand la matière devient forme explore les métamorphoses de la matière, parcours éclectique où se mêlent pièces archéologiques, antiques et œuvres contemporaines

Le titre de l’exposition fait allusion à un événement qui fit date dans l’histoire de l’art, en Suisse en 1969*. Toute proportion gardée, et dans la cohérence de la programmation menée par Catherine Soria pour le Centre d’art contemporain, la proposition istréenne revendique sa part d’attention aux postures plurielles que peuvent adopter les artistes quand il s’agit de la question de la matière. Le projet se nourrit de pièces anciennes venant du musée d’Istres (une vitrine en face à l’extérieur), du Musée départemental de l’Arles antique, et d’œuvres sélectionnées principalement dans les collections privées du collectionneur marseillais Sébastien Peyret et de la fondation créée par Bernar Venet au Muy.

Ambivalences
Ce parcours hétérogène peut s’apprécier sans nécessairement en suivre les thématiques développées dans les différentes salles (Pli et accumulation, Impression matière, Le rigide…). Une opportunité car bien des œuvres se répondent selon divers registres, qu’il s’agisse de la matière : techniques usuelles sur toile ou papier, feutre, métal, goudron, charbon, caoutchouc… devenues communes dans l’art contemporain qui fait feu de tous bois depuis les révolutions esthétiques du XXe siècle ; ou de la variété des mises en forme : sculpture, assemblage, photographie, dessin, hybridations, installation, vidéo… Au côté d’œuvres historiques de Robert Morris ou Bernar Venet, plus récentes de Michèle Sylvander ou Moussa Sarr (visionnement vidéo peu commode dans l’escalier), on remarquera les réalisations de deux artistes en production. Yannick Daverton élabore un Arrangement N°2 à base de tissu, doublement mamelonné, irréductible à toute catégorie. Floryan Varennes signe de suggestifs cols de veste ou manches de chemise dont le corps leur a échappé mais reste présent allusivement (Hiérarques, Réminiscence). Son Illuvium, conçu pour l’exposition, invite à une intime expérience perceptive dans une salle étroite recouverte de plis en velours noir. Le lieu à la perspective rétrécie agit un peu comme chambre sourde, interfère sur nos facultés perceptives, en appelant davantage au corps, au tactile qu’au visible. Plus chargée de sens, associant plusieurs médium, l’installation d’Eva Kotátková met en scène l’inquiétante emprise sociétale sur l’être humain. L’exposition propose un cheminement éclectique dans la matière et la matérialité de l’art sans pour autant sauter le pas jusqu’à l’immatériel suggéré par certains artistes dans la lignée duchampienne. Un autre chapitre à venir ?
CLAUDE LORIN
Avril 2016

* Quand les attitudes deviennent formes, Kunsthalle, Berne, 1969

Quand la matière devient forme
jusqu’au 1 juillet
Centre d’art contemporain intercommunal, Istres
04 42 55 17 10 ouestprovence.fr

photo : Quand la matière devient forme, Istres, 2016. Vue partielle, œuvres de B. Venet, R. Laskey, J.A. Corre, J. Béna © C. Lorin, Zibeline

Centre d’art contemporain intercommunal
2 rue Alphonse Daudet
13800 Istres
04 42 55 17 10
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