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Vu par Zibeline

Les oeuvres de la photographe Yohanne Lamoulère à découvrir à Gap et Marseille

Marseille Nord, ou la considération

• 16 février 2018⇒30 juin 2018 •
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Les oeuvres de la photographe Yohanne Lamoulère à découvrir à Gap et Marseille - Zibeline

Yohanne Lamoulère expose son quartier à Marseille et à Gap en un geste d’amour capital.

Yohanne Lamoulère fait de la photographie mais se bat contre les clichés. Ceux qui enferment les photographes dans les catégories « artiste » ou « reporter », qu’elle transcende toutes les deux. Ceux qui voudraient que la photographie documentaire soit exempte de pose et de jeux de mots, capturant un réel objectif, triste et sérieux. Ceux de la communication officielle, qui en gomment les aspérités et rêvent d’une architecture aseptisée. Mais surtout, ceux des médias qui voudraient que les arrondissements de Marseille où elle vit et travaille, et qu’on appelle les Quartiers Nord, soient dominés par le trafic, la violence, la misère et la mort.

Il s’agit pour elle d’apporter de la considération. Envers les paysages urbains, la mer, le ciel, l’écorce des murs, les arbres et l’herbe qui y pousse, folle… Envers les gens surtout, qui posent, souvent joyeux, le regard tourné vers l’horizon, beaux de leur diversité d’âge, de peau, de leurs déguisements et leurs corps assumés, de la lumière crue qui les nimbe.

À Gap, dans la Galerie de la Passerelle, Marseille, carte blanche propose des formats et des sujets divers, des « Vivants », mais aussi les traces de la reprise en main en cours : une affiche électorale d’un comorien qui se présente avec Jean-Claude Gaudin, ou de la destruction d’un immeuble d’habitation. Des grands formats collés aux murs ; le rappel, écrit, à lire, de l’histoire d’Ibrahim Ali.

Au Théâtre du Merlan, où elle avait exposé en 2016 la plupart des photographies présentes aujourd’hui à Gap, Yohanne Lamoulère fait un clin d’œil au mythe de la fondation marseillaise : Gyptis, princesse des lieux, aurait offert son cœur à Protis, navigateur étranger. Ce sont donc (surtout) des couples qu’elle a photographiés, cherchant leur beauté, leur force vitale faite de leurs origines diverses, et leur donnant, en les considérant, la possibilité d’aimer. D’échanger des baisers à pleine bouche au pied des immeubles, d’attendre l’autre sur un scooter, de germer, de pousser, de vivre.

À La Friche elle sera présente pour l’exposition Jeune génération qui réunit 15 photographes autour de la jeunesse d’aujourd’hui. Puis Gyptis&Protis naviguera tout au long de MP2018, pour partie à l’ARCADE (Aix), pour partie aux Rencontres d’Arles… exportant des images de Marseille et de l’amour renouvelées.

AGNES FRESCHEL
Février 2018

Marseille, Carte blanche
jusqu’au 31 mars
La Passerelle, Gap

Gyptis&Protis
16 février au 30 juin
Le Merlan, Marseille

Jeune génération
18 février au 3 juin
La Friche de la Belle de mai, Marseille

Photo : Le Guetteur © Yohanne Lamoulère-Picturetank


La Friche
41 rue Jobin
13003 Marseille
04 95 04 95 95
http://www.lafriche.org/


Théâtre La Passerelle
137 boulevard Georges Pompidou
05000 Gap
04 92 52 52 52
http://www.theatre-la-passerelle.eu/


Théâtre le Merlan
Scène Nationale
Avenue Raimu
13014 Marseille
04 91 11 19 30
http://www.merlan.org/