17e édition de CineHorizontes

Marseille à l’heure espagnoleVu par Zibeline

• 8 novembre 2018⇒16 novembre 2018 •
17e édition de CineHorizontes - Zibeline

C’est dans la grande salle du Prado, comble, que s’est ouverte la 17e édition de CineHorizontes, jeudi 8 novembre, accueillie par le Directeur, Frédéric Perrin, partenaire fidèle de ce petit festival devenu grand au fil des ans. Jocelyne Faessel qui l’a fondé en 2011, se verra remettre, le 26 novembre à Paris, la médaille de l’Ordre du Mérite Civil que lui accordent le gouvernement espagnol et le Roi d’Espagne, pour avoir fait connaitre au public marseillais –et pas que- le cinéma espagnol. C’est le Consul Général, M. Alberto Moreno Humet, qui a annoncé la nouvelle et qui n’a pas omis de rappeler le drame de la rue d’Aubagne, -en présence de l’élue de la Ville de Marseille chargée de la mission cinéma, Séréna Zouaghi !- Les successeurs de Jocelyne Faessel, (Présidente d’honneur,) Marie-Rose Carton Pinna et Domingo Garcia Cañedo ont ensuite introduit la réalisatrice du film d’ouverture, Marta Díaz de Lope Díaz, en présence de Sergi Lopez, le parrain de cette édition, l’ami qui lui veut du bien.

Cette jeune réalisatrice qui a étudié à l’ESCAC de Barcelone et dont Mi querida cofradía est le film de fin d’études, est originaire de Ronda, et c’est par un beau et lent travelling avant que nous franchissons le Puente Nuevo pour pénétrer dans cette ville andalouse perchée au sommet d’une montagne, en plein préparatifs de la Semaine Sainte. Nous allons y rester, vivre le drame et le combat de Carmen (excellente Gloria Muñoz), qui a consacré toute sa vie à une des nombreuses Confréries de Ronda. Au moment où il semble évident qu’elle va en devenir la Présidente, le curé truque les élections et Ignacio (Juan Gea), qui n’est jamais là et n’a rien fait, est élu. C’est normal, c’est un homme et dans cette société machiste, todo esta bien conectado ! (comme l’affirmait le dictateur Franco dans son message de Noël de 1969)

Mais la battante Carmen ne va pas baisser les bras, d’autant qu’Ignacio vient la provoquer chez elle, lui précisant que tant qu’il y aura des hommes, elle ne sera jamais Présidente de la Confrérie, et lui réclame un cognac. Ce verre de cognac -le moins cher- elle va le lui servir, avec des cachets, laxatifs croit-elle mais erreur ! Elle retrouve Ignacio, allongé, inerte dans sa salle de bain, au moment où débarquent sa fille, Beatriz (Pepa Aniorte) qui lui annonce qu’elle veut divorcer et sa voisine, (Carmen Flores, Prix de la Meilleure actrice dans un second rôle au Festival de Malaga) qui se désole d’avoir raté ses torrijas. Femmes au bord de la crise de nerfs auxquelles vont se joindre la petite fille de Carmen, amoureuse de Pablo, fils de son rival, et ses amies, les mantilles qui voudraient bien que les choses évoluent. On ne vous dévoilera pas la fin de cette comédie au rythme enlevé, où les gags se succèdent. Une farce qui, s’attaquant au machisme de ces confréries de la Semaine Sainte, met aussi en lumière les embûches tendues aux femmes qui aspirent au pouvoir.

Annie Gava
Novembre 2018

Mi querida cofradía © ESCAC Films

Le 17e Festival de cinéma espagnol de Marseille CineHorizontes a eu lieu du 8 au 16 novembre