Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Mam’zelle Nitouche mis en scène par Pierre-André Weitz à l'Opéra Grand Avignon

Mam’zelle chante le queer

• 16 mars 2019⇒17 mars 2019 •
Mam’zelle Nitouche mis en scène par Pierre-André Weitz à l'Opéra Grand Avignon - Zibeline

L’ouverture, diablement enjouée et rythmée, donne le ton. Point culminant du bal des comédiens, danseurs et chanteurs, Olivier Py débarque sur la scène divisé en deux. Grimé en vieille actrice côté gauche -une Corinne délicieusement vulgaire-, en soldat -le simplet Loriot- côté droit, il résume tout en la raillant l’opposition entre les deux mondes et les deux genres confrontés par le livret. D’un côté la musique religieuse, ses chœurs cérémonieux et ses orgues de pacotille, où évoluent l’indolent organiste Célestin (Damien Bigourdan) et la nonne Denise, incarnée avec malice et une belle agilité vocale par Lara Neumann. De l’autre, le cabaret où se jouent les opérettes légères de Célestin, qui répond ici au nom de Floridor, quand Denise s’y révèle une cantatrice idéale, la Mam’zelle Nitouche du rôle-titre. Le livret n’est pas sans rappeler la vie et l’œuvre même du compositeur Hervé, titulaire à l’Eglise de Saint-Eustache et discret compositeur d’opérette. Mais d’un décor à l’autre, en passant par la caserne où échoueront les deux protagonistes, un même entrain s’empare des troupes, que ne ménagent jamais les remontrances du Major -un désarmé Eddie Chignara– ou la discipline de la mère supérieure -également incarnée par Olivier Py. Le tout s’avère assez bien écrit, et musicalement inventif pour le genre. Sous la direction de Christophe Grapperon, l’Orchestre régional Avignon-Provence enchaîne les morceaux de bravoure et les changements abrupts de ton sans démériter. Les seconds rôles sont également savoureux : Samy Camps révèle une voix fournie et claire, Clémentine Bourgoin un timbre généreux et prometteur. Sainte-Nitouche du dernier acte, grimée en nonne de la tête au ventre et en danseuse de cabaret jusqu’aux pieds, elle conclut l’opérette sur ce même mélange entre légèreté et transgression. Ce qui ne manque pas de charme !

SUZANNE CANESSA
Mars 2019

Mam’zelle Nitouche a été donné les 16 et 17 mars à l’Opéra Grand Avignon

Photo: Mam’zelle Nitouche © Frédéric Stephan


Opéra-Théâtre du Grand Avignon
1 Rue Racine
84000 Avignon
04 90 82 81 40
http://www.operagrandavignon.fr