Lyrisme du bonheur

L’ensemble Sull’Aria a livré une interprétation sensible et juste du Stabat Mater de Rossini après le détour par un prélude de Bach (Laetitia Alliez) en clin d’œil annonciateur. Le chœur, mené avec enthousiasme par le jeune chef Pierre-Emmanuel Clair, sait, après les premiers émois de trac, rendre à l’œuvre sa fraîcheur, son lyrisme intime ; sous la poignante déploration qu’installe l’entrée dramatique du Stabat Mater Dolorosa avec une basse sombre que vient moduler le chœur se dessine la conviction d’une espérance joyeuse. Le Quartetto interprété par les quatre solistes est un petit bijou, fin, spirituel, enlevé avec une jubilation sensible. Le bonheur du chant anime l’ensemble, beauté des voix, ampleur, irisation des harmoniques, jeux d’échos entre chœur et solistes, belle circulation des thèmes, équilibre des pupitres… Les élans rossiniens, qui jouent avec le dialogue d’opéra et l’art délicat de la fugue, sont emportés par l’enthousiasme des chanteurs. Le public conquis obtient deux rappels fougueux…

MARYVONNE COLOMBANI
Ce concert a été donné le 2 juin à Pourrières, Couvent des Minimes, le 9 juin à l’église notre Dame Correns (18h).
Il sera donné le 15 juin au temple Grignan Marseille (21h) le 16 juin à l’église du saint esprit Aix en Provence (21h)