Vu par ZibelineL'orchestre Français des Jeunes, lyrique et très pro au GTP

Lyriques emportements

• 4 septembre 2015 •
L'orchestre Français des Jeunes, lyrique et très pro au GTP - Zibeline

Clôturait la Biennale des orchestres de jeunes au GTP, après l’Orchestre des Jeunes de Palestine et l’Orchestre des Jeunes de Roumanie, l’Orchestre Français des Jeunes, créé en 1982 par le Ministère de la Culture, en résidence depuis 2007 au GTP. La qualité de l’orchestre tient à la fois à sa composition, jeunes musiciens recrutés parmi les meilleurs des différents conservatoires et écoles de musique de France, et à la direction d’orchestre, toujours donnée à un chef de renommée internationale, en l’occurrence David Zinman qui vient de terminer 19 années de direction musicale à l’orchestre de la Tonhalle de Zurich. Ouvrait la soirée, une œuvre contemporaine (2004) d’Edith Canat de Chizy, La ligne d’ombre, inspirée du roman de Joseph Conrad. Exploration métaphorique du temps, par une construction proche du poème symphonique : le tempo initial calme et mesuré s’accélère, se déchaîne avec violence avant une résolution apaisée. Le public du GTP saluait avec chaleur la compositrice venue sur scène ainsi que l’orchestre pour la finesse de son interprétation, et le subtil équilibre de ses pupitres. Il donnait toute sa mesure dans les deux grandes œuvres suivantes. Il accordait les nuances les plus délicates, doublées d’un enthousiasme juvénile espiègle, aux larges respirations de la Symphonie amoureuse de Beethoven, sa Quatrième en si bémol majeur, sans doute trop peu jouée. À ses élans lyriques répondait, en si bémol majeur aussi, la Cinquième Symphonie de Prokofiev, décrite par son auteur comme « la symphonie de la grandeur de l’esprit humain, comme un chant d’hommage à l’homme libre et heureux ». Solennelle, soulignée par les percussions, la gravité des cordes, puis éclatante, cuivres en tête, éclats, mélodies enlevées qui ne sont pas sans évoquer Pierre et le loup -n’est-ce pas le canard qui fuit ici, le loup qui sort du bois, l’oiseau qui siffle ironique, le grand-père bougon et les violons insouciants de Pierre ? – l’œuvre offre une palette de registres variés dans lesquels l’OFJ se glisse avec virtuosité, mené avec délicatesse et une précision d’orfèvre par David Zinman. En cadeau pour finir, la marche de L’Amour des trois oranges  de Prokoviev sur un conte de Carlo Gozzi.

MARYVONNE COLOMBANI
Septembre 2015

Concert donné le 4 septembre au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence.

Photo © DR

Grand Théâtre de Provence
380 Avenue Max Juvénal
13100 Aix-en-Provence
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net