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Les Assises nationales de la création cinématographique à Marseille et le 1er forum des festivals de cinéma en PACA à Aix

L’union fait la force

• 21 novembre 2015⇒1 décembre 2015 •
Les Assises nationales de la création cinématographique à Marseille et le 1er forum des festivals de cinéma en PACA à Aix - Zibeline

En cette période difficile, le besoin d’échanges se manifeste dans bien des secteurs culturels…

Ainsi, les 21 et 22 novembre, se sont tenues au Polygone étoilé et aux Variétés, les premières Assises nationales de la création cinématographique organisées par l’AARSE. Après avoir abordé la genèse des projets, leur accompagnement, la création artistique face au formatage du marché, c’est de la diffusion des œuvres dont il fut question. Avaient été conviés, un peu à la hâte, des festivals, des cinéastes, des exploitants autour de questions tendant à souligner un clivage entre les parties et assimilant l’auteur à un mouton que tout le monde tondrait : les municipalités qui font des festivals un outil de promotion, les salles qui se dédouanent de ne pas programmer un cinéma d’auteur, et les festivals eux-mêmes qui vivraient de subventions publiques sans payer ni les droits d’auteur, ni le travail d’accompagnement des réalisateurs invités. Oppositions festivals/directeurs de salles, auteurs/festivals,  vaines comme l’ont souligné certains, à juste titre. Si les festivals sont nés de lacunes de la distribution traditionnelle soumise aux lois commerciales, s’il est facile de se gausser de la «festivalite» thématique comme d’aucuns l’ont fait, ils sont souvent le seul espace où les réalisateurs peuvent présenter leurs œuvres même sans distributeur, et rencontrer un public. La plupart des festivals paient les droits, fonctionnent avec des bénévoles tout en essayant de développer des emplois salariés ou intermittents. Certains accompagnent les artistes leur proposant des résidences, montrant leurs films en chantier. Beaucoup s’investissent dans un travail de terrain : éveil artistique et citoyen auprès des scolaires. Au-delà des doléances qui ont failli stériliser la réflexion, ont été présentées des initiatives intéressantes, comme, en Aquitaine, un réseau qui rédige un guide pour rémunérer le travail de partage entre auteur et public ou des comités de spectateurs-programmateurs.

Forum des festivals de cinéma

Les festivals aussi ont ressenti le besoin de se rencontrer et le 1er décembre, le Festival Tous courts accueillait à la Cité du livre d’Aix le 1er forum des festivals de cinéma en PACA. 15 sur les 35 répertoriés avaient répondu à l’invitation ainsi que les représentantes de la Ville, Département et Région, pour faire un état des lieux, imaginer un avenir commun dans un contexte économico-politique délicat. Baisse de subventions, foisonnement des réglementations, mutations et recomposition des territoires accompagnées de transferts des compétences, méconnaissance parfois du côté des élus du rôle des opérateurs culturels, de leurs besoins, de leur «timing». À travers, entre autres, les interventions du représentant du Carrefour des Festivals, les exemples de mise en relation entre adjoints à la culture et responsables de festivals en pays d’Apt, le témoignage de Bruno Jourdan délégué général d’Image de ville faisant bureaux communs avec le Festival Tous Courts ou encore celui de Laurent Trémeau (Un Festival C’est Trop Court de Nice) sur le recours au Groupement d’Employeurs pour sauver des emplois, s’est affirmée la nécessité vitale d’une mutualisation. Pour avoir plus de poids face aux politiques, rationaliser les moyens, affirmer la volonté commune de défendre un cinéma qui ne soit pas simple divertissement. De telles solutions peuvent sembler tendre à gérer voire à cautionner une précarité qui deviendrait norme. Faire plus ou autant avec de moins en moins. Il n’en est rien. Le pragmatisme pour tenter de sauver les structures n’exclut pas l’offensive. Un nouveau rendez-vous était pris avant la projection de petites perles proposées par 9 festivals de la Région, illustration parfaite de leur complémentarité.

Être unis pour être plus forts, c’est vieux comme le monde. La mise en œuvre du principe est souvent délicate. Il faudra beaucoup d’énergie pour coordonner et mener à bien ce projet mais c’est sans doute le seul moyen pour survivre.

ANNIE GAVA et ELISE PADOVANI
Décembre 2015

Photo: -c- Élise Padovani


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