Vu par Zibeline

Les guitares de Louis Winsberg et Antonio El Titi enchantent le Petit Duc.

Lorsque le flamenco jazze…

Les guitares de Louis Winsberg et Antonio El Titi enchantent le Petit Duc. - Zibeline

Certes, le Petit Duc a tout du théâtre de poche, réfugié sur le côté de la cour des Beaux-Arts d’Aix en Provence, mais, luxe réservé à tous, cette salle conviviale reçoit les meilleurs. Le 4 octobre réunissait deux guitaristes d’exception, Louis Winsberg, et ses tempi jazziques, aux côtés d’Antonio El Titi, issu de la plus pure tradition flamenca. Rares sont des duos aussi équilibrés, où chacun se complète, joue sans chercher la surenchère, la virtuosité de l’un et de l’autre fait partie du domaine des évidences, il n’est rien à prouver si ce n’est le plaisir d’un véritable dialogue, où les contre points exaltent la finesse du thème, où les variations s’enchaînent avec une inventivité qui semble inépuisable. Reprises d’albums communs, GYPSY EYES, Marseille Marseille, La Danse du Vent et son El tigre, une Marseillaise ourlée d’escapades légères, quelques standards de jazz au rythme qui s’orientalise, un Time out de Dave Brubeck, étonnant sur ces guitares sèches qui savent décliner notes et échos. On fait venir deux amis sur scène pour souligner de palmas les élans flamencos, le public est transporté. Les solos multiplient les acrobaties, sans jamais oublier le propos, un phrasé fluide qui dessine avec délicatesse l’ébauche d’un voyage. L’humour n’est jamais loin, dans le tissage des thèmes, l’inspecteur Gadget amorce un pas de danse, vivement repoussé par une cascade d’accords. On retrouvera Louis Winsberg qui a carte blanche au Petit Duc cette année, le 18 mars pour une ‘revisitation’ des grands classiques de la chanson française et le 27 mai en création avec la jeune chanteuse et harpiste Laura Perrudin. La guitare de Louis Winsberg n’a-t-elle vraiment que six cordes ?

Antonio El TItiLouis Winsberg

 

 

 

 

 

 

 

MARYVONNE COLOMBANI

Octobre 2015

Spectacle vu le 4 octobre au Petit Duc, Aix-en-Provence.

© Cloé Tordjman