Miroir fait joyeusement tinter les cuivres

Longue vie au saxhorn !Vu par Zibeline

Miroir fait joyeusement tinter les cuivres - Zibeline

C’est un trio pas comme les autres que Miroir réunit : Jean Daufresne au saxhorn, Mathilde Nguyen au piano et Alexandre Collard au cor, qui font des merveilles avec le Trio n°1 opus 7 d’Edouard Lalo, conçu originellement pour piano, violon et violoncelle. L’opus, composé en 1850, convoque un imaginaire résolument schumannien dès son premier mouvement, quand la « Romance » du second mouvement se réapproprie la douce simplicité de Mendelssohn. C’est ensuite sur le piano et le saxhorn qu’on se recentre, pour les deux mélodies éponymes de Gabriel Philippot composées spécialement pour le duo : Miroir joue habilement des possibles des deux instruments, tout en privilégiant la fibre lyrique et mélodique à la dissonance, présente sur quelques détours à l’étrangeté bienvenue. La Sonate opus 36 d’Henri Vieuxtemps ramène les deux musiciens sur la fibre germano-romantique des débuts : le saxhorn siège en lieu et place du violoncelle originel. Si la Suite brève de Désenclos, néoclassique en diable, conçue pour tuba, pourra sembler rythmiquement plus à propos malgré la virtuosité de l’interprète, elle brille également par la richesse de son langage polytonal. De quoi réhabiliter un instrument comme un répertoire souvent poliment oubliés.

SUZANNE CANESSA
Septembre 2020

Disque paru chez Klarthe (15 euros)