Le premier été, d'Anne Percin aux éditions du Rouergue

L’inoublié

Le premier été, d'Anne Percin aux éditions du Rouergue - Zibeline

Bizarrement le livre d’Anne Percin s’appelle Le premier été alors qu’en fait il s’agit plutôt du dernier ! Car c’est l’été qui marque l’entrée dans l’adolescence, la fin de l’insouciance et la découverte de la sexualité. Période difficile pour une fille. Une page se tourne et rien ne sera jamais plus comme avant pour Catherine, la narratrice. C’en est fini de la légèreté. Quand elle se retrouve avec le garçon qu’elle avait surpris quelques jours plus tôt, nu, dans un champ, il n’ y a pas de mots, rien ne se passe comme elle avait pu l’imaginer. Seulement le sourire du garçon, sa douceur. L’impression que tout est «juste». Puis une douleur dont ne parlent pas les feuilletons de Bonne soirée : c’est ça être une femme ? Un mystère si simple. Après, le silence. «Ça ne se fait pas !», la soeur aînée a prononcé les mots qui l’enferment pendant quinze ans. Quand revenues sur les lieux de l’enfance pour vider la maison après le décès des grands-parents les deux soeurs retrouvent le passé, Catherine arrive enfin à raconter non seulement cette relation, mais la honte qui l’avait suivie quand il s’est avéré que le garçon était la risée de tous, qu’il était «l’idiot du village» ! La méchanceté inconsciente des ados, la honte ont fait le reste. L’irréparable. Avec le remord toujours là. Anne Percin trouve là un ton juste et émouvant. Une voix qui prend aux tripes.

CHRIS BOURGUE

Janvier 2013

 

Le premier été

Anne Percin

Le Rouergue, 16 €

 

Ce texte est sélectionné pour le Prix littéraire des Lycéens et des Apprentis de la Région PACA