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L’ImpruDanse, festival en mouvement à Draguignan

L’ImpruDanse en mouvement !

L’ImpruDanse, festival en mouvement à Draguignan - Zibeline

Malgré une itinérance à marche forcée dans la ville -le théâtre est en travaux- et des conditions techniques parfois compliquées -comme reconstituer la « boîte noire » dans un complexe sportif-, le festival L’ImpruDanse a atteint sa cible. Il a fédéré le public dracénois autour d’une palette polychrome, entre danse contemporaine, flamenco puro réinventé, théâtre-danse, cirque et art en mouvement. Avec une large fenêtre ouverte sur la création régionale. Chorégraphiée par Christophe Garcia (Marseille), Lettre pour Eléna a fait mouche par la justesse et la délicatesse de son interprétation ; … de là-bas de Romain Bertet (Cie L’œil ivre, Toulon) a embarqué les spectateurs dans un voyage aux confins de la matière, de la lumière et de la solitude ; dans Hêtre, Fanny Soriano (Libertivore, Marseille) les a transportés dans un espace aérien poétique avant d’inscrire son duo Phasmes dans une danse acrobatique animale et sensuelle ; par la prouesse des portés, les vidéos et leur jeu de cache-cache, Joris Frigerio et Mathieu Renevret (Les Hommes de mains, Nice) les ont immergés dans une City où, par la parole retrouvée, chacun réinvente l’idée d’une communauté ; enfin, le duo féminin no.w.here de Frank Micheletti (Kubilai Khan investigations, Toulon) a mis en tension et en friction deux corps en état de grâce absolue.

L’ImpruDanse s’est fait fort d’accueillir trois figures de la planète chorégraphique aux univers contrastés. Comme Andrès Marin, fidèle depuis Yatra, revenu plus libre que jamais dans sa réinterprétation urbaine du mythe de Don Quichotte et l’incandescence de son flamenco (D. Quixote). Il y eut aussi la petite lueur d’espoir apportée par le chorégraphe israélien Hillel Kogan qui, dans We love Arabs, balaye les poncifs et les préjugés sur la question de l’identité avec une autodérision jubilatoire. Le festival a clos sa deuxième édition sur un air de fête teinté de nostalgie en compagnie de Jean-Claude Gallotta, plus que jamais en mouvement et à l’écoute de toutes les musiques. Même la plus populaire d’entre elles, le rock (My Ladies Rock).

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Avril 2018

Le Festival L’ImpruDanse s’est déroulé du 3 au 7 avril à Théâtres en Dracénie, Draguignan

Photo : D. Quixote, Andrès Marin -c- Alain Scherer