Le Festival Mimi, entre jazz, punk et électro-rock

L’ile flottanteVu par Zibeline

• 2 juillet 2014⇒6 juillet 2014 •
Le Festival Mimi, entre jazz, punk et électro-rock  - Zibeline

Coincé entre Manhattan, le château d’If et Sarajevo, l’archipel sonore aux 29 printemps MIMI flotte toujours et innove encore. Bien que les magnifiques vestiges illuminés de l’hôpital Caroline ne soient pas encore transformés en cimetière des éléphants, le mythique Alan Vega et ses 76 ans a eu la force de braver la scène, non sans mal, accompagné de son acolyte de toujours le non moins claviériste immortel Martin Rev. Si de l’eau a coulé entre le Frioul et New York depuis les années 70, et si Suicide n’a plus sa fougue d’antan, l’esprit du Project of Living Artists est toujours palpable. Papy Vega a mal au micro mais le clavier générateur d’idées fourmille encore d’audaces et nous rappelle que nous devons beaucoup à cette légendaire avant-garde électro-rock-minimaliste, punk et new-wave. Plus à l’est, le pianiste robotisé Nicolas Cante avait ouvert le bal avec Sevdah mon amour, un projet joué, dansé et chanté à l’accent bosnien. La belle voix de Vreco Bozo, qui n’aurait pas dépareillé chez Almodovar, et son corps tout entier dansé ondulaient au crépuscule sous les salves du batteur Nedim Zlatar. Une belle surprise frioulienne pour les adeptes de l’insularité à la sauce Mimi.
Autre personnalité, le guitariste Richard Pinhas, agitateur de la scène expérimentale française des années 70, constitue aujourd’hui un duo avec Etienne Jaumet (ex Zombie Zombie), aux manettes de synthétiseurs analogiques de collection. Un alliage cosmique unissant les sons planants des cordes aux vagues hypnotiques d’une musique électronique originelle. Allant jusqu’à faire abdiquer une pluie menaçante pour laisser libre la voie vers un 7e ciel mélodique.
Avant eux, Rafaelle Rinaudo et Yann Joussein, duo déjanté harpe électrique et batterie, jouent avec nos sens et parfois nos nerfs. Ce n’est pas pour rien qu’ils se dénomment Aïe. Leurs compositions offrent une musique déconstruite, à caractère répétitif, mais qui sait rester harmonieuse. Empruntant au jazz ou au funk, ils nous font entrer dans un univers délirant où se côtoient la chanson enfantine et le noise progressif.
La plus belle surprise de cette dernière soirée vient du collectif Arbuste et de son Instrumentarium. Une prestation musicale décapante articulée autour d’un parallélépipède métallique où quatre agités (un aux machines et trois aux percussions) s’abandonnent, tapant sur une série d’objets recyclés en instruments. Une musique primaire des plus sophistiquée.

FREDERIC ISOLETTA et THOMAS DALICANTE
Juillet 2014

Le Festival Mimi s’est déroulé du 2 au 6 juillet au Frioul, à Marseille

Photo : Sevdah mon amour c Branimir Prijak