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Photomed interroge en vidéo la part de l'animal dans l'homme, à l'Hôtel des Arts de Toulon

L’homme, une espèce tragique ?

• 14 mai 2016⇒19 juin 2016 •
Photomed interroge en vidéo la part de l'animal dans l'homme, à l'Hôtel des Arts de Toulon - Zibeline

Photomed s’invite à l’Hôtel des arts de Toulon pour la cinquième année et ouvre sa focale sur la vidéo à travers l’exposition Animal & Cie et le solo show de Moussa Sarr, Asile

Une manière de questionner la pratique de la vidéo par les photographes et inversement. Le médium n’est pas le seul lien entre ces artistes qui interrogent, ici, la part de l’animal dans l’homme et soulignent comment l’animal est une expression de la façon dont l’homme se comporte. Tension, identification, fascination, répulsion, autoritarisme, transgression, discrimination… des liaisons dangereuses objets de représentations multiples, de la plus objective à la plus métaphorique, de la plus réaliste à la plus fantasmatique. La preuve par l’image avec huit artistes internationaux sélectionnés par la Maison européenne de la photographie pour l’événement Arte Vidéo Night. Sous forme de bestiaires, Adel Abidin, Alice anderson, Martial Cherrier, Mihai Grecu, Sanna Kannisto, Yves Netzhammer, Chloé Piene et Miguel Angel Rios inventent des fables contemporaines. À nous d’en décrypter la morale.
Les pièces produites dans l’atelier de Moussa Sarr (à la fois refuge et asile) entrent en parfaite résonance avec Animal & Cie. Hier vidéaste-performeur, aujourd’hui vidéaste-fabuliste, Moussa Sarr brosse le portrait du monde dans lequel il vit, accessoirement des autoportraits, en dupliquant la posture animale, en empruntant son langage, sa corpulence, ses déplacements. Photographies et vidéo le saisissent en plein vol sous les traits du Duck Man au discours incompréhensible mais autoritaire, dénonçant ainsi les super pouvoirs de ceux qui ont le pouvoir ; ou réincarné en singe Congo côté sur le marché de l’art dans les années 1950/60, peignant sans pinceaux mais affublé d’une cravate maculée de tâches. Clin d’œil à Basquiat doublé d’un coup de griffe aux préjugés… Moussa Sarr sait aussi se rendre invisible dans une série de photos noir et blanc dont on saisit brutalement la tentative désespérée de disparaitre aux yeux du monde. Comme dans Postures, son travail photographique s’appuie sur une extrême tension des mouvements et un sens aigu de la chorégraphie. La bestialité de l’homme n’est jamais exempte du cadre même quand elle est hors champ : sa dernière vidéo Le Nouveau nez emprunte à Pinocchio le masque de l’enfance mais l’effroi s’impose à la vue d’une tronçonneuse prête à en découdre. Avec intelligence, il nous épargne de voir le coup fatal, seul le vrombissement perdure. Dans la vidéo Duo de chats, l’agressé devient agresseur faute d’aide et de compassion, et ce renversement des rôles sonne comme un avertissement. On avait quitté Moussa Sarr au WEYA en 20121, alors jeune diplômé de l’École d’art de Toulon, on le retrouve voguant entre Paris, Londres et bientôt Berlin. Un parcours sans faute, preuve d’une maturité plus prometteuse que jamais.
MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juin 2016

1 World Young Event Artists (WEYA) organisé à Nottingham sur le modèle de la BJCEM.

14 mai au 19 juin
Hôtel des arts, Toulon
04 83 95 18 40 hdatoulon.fr

Photo : Super Congo vidéos et peintures 2015 2016 © Moussa Sarr


Hôtel des Arts
Centre d’Art du Conseil Général du Var
236 boulevard Général Leclerc
83093 Toulon Cedex
04 94 91 69 18
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Maison de la Photographie
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