Kanjar’Oc et De La Crau à L’Usine d’Istres

Les retrouvailles de la famille KanjaVu par Zibeline

Kanjar’Oc et De La Crau à L’Usine d’Istres - Zibeline

Pour fêter ses 30 ans, le groupe Kanjar’Oc est remonté sur scène. Explosif !

La nouvelle n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. En pause depuis dix ans, Kanjar’Oc l’avait annoncé il y a plusieurs mois : le collectif port-de-boucain à la carrière internationale remonterait sur scène pour fêter le trentième anniversaire d’une aventure peu commune. Après une résidence au café musique L’Usine, à Istres, c’est sur la même scène que la bande des huit rallument la furia qui les aura animés pendant deux décennies et près d’un millier de concerts à travers le monde. Avec la même fusion festive, engagée et enragée, le combo rembobine les morceaux emblématiques de leur discographie aux cinq albums. Une musique métissée à l’énergie contagieuse qui replonge les spectateurs dans les grandes heures de ce rock festif et cuivré qui contamina la scène alternative française plus ou moins indépendante dès la fin des années 80. On retrouve intacte et indémodable l’alchimie joyeuse d’une marmite méditerranéenne au bouillon épicé prêt à déborder du couvercle. « Trente ans après, la jeunesse emmerde toujours le Front National », exulte Chaps, le chanteur du groupe, entouré des bondissant Bibi (trombone) et Dédou (trompette), torse nu comme au premier jour. Steph et Buzz (respectivement membre de Moussu T e lei Jovents et de Oaïstar) comme Choukry, Juario et Lolo n’étant pas en reste. Au-delà des fans de la première heure des rives de l’Étang de Berre ou des bistrots de la Plaine marseillaise en passant par le Rhône arlésien, des fidèles venus de Bretagne, de Toulouse, du Jura, de Lozère, des Alpes ont fait le déplacement pour revivre l’exaltation de leur jeunes années, partagées entre insouciance et combativité. Car à ses retrouvailles comblées au-delà des attentes, on note avec évidence que l’essentiel n’est pas la musique mais bien cette capacité généreuse à créer du lien d’une société en proie aux individualismes et replis.

LUDOVIC TOMAS
Novembre 2019

Kanjar’Oc et De La Crau en première partie se sont produits le 23 novembre, à L’Usine à Istres

Photographie © Kanjar’Oc