L'héroïne de Lewis Carroll, Alice, revisitée par le Collectif 8 au Chêne Noir durant le Festival Off d'Avignon jusqu'au 26 juillet

Les mondes d’AliceVu par Zibeline

• 4 juillet 2015⇒26 juillet 2015 •
L'héroïne de Lewis Carroll, Alice, revisitée par le Collectif 8 au Chêne Noir durant le Festival Off d'Avignon jusqu'au 26 juillet - Zibeline

Bien plus que l’adaptation d’une œuvre précise, l’Alice du Collectif 8 est une immersion dans l’univers littéraire de Lewis Carroll, par le biais de son héroïne emblématique, Alice. L’adaptation qu’en fait Gaële Boghossian (lumineuse Alice qui se perd et se retrouve en un sourire et une inflexion de voix) fourmille de références piochées dans ses lectures des œuvres et des écrits personnels de L. Carroll, des surréalistes aussi… Même si elles ne sont pas immédiatement préhensibles, elles constituent le matériau d’un texte (aux dialogues ciselés !) qui fait la part belle à de multiples interprétations. Loin des adaptations connues de tous (dont le dessin animé «merveilleux» de Walt Disney ou le film de Tim Burton), celle-ci aborde le domaine de l’enfance et de l’inconscient en mêlant étroitement et magnifiquement des images aux mots et à la musique jouée sur le plateau. Les superbes créations vidéo de Paulo Correia, qui signe aussi la mise en scène, nourrissent le jeu des trois comédiens et immergent le public dans un monde onirique vivant, fait de mouvements et de reliefs, un labyrinthe qui fait correspondre les deux univers qu’habite Alice, le réel (capitonné, oppressant) et celui qui se situe au-delà des miroirs, un monde aquatique qui transforme les baleines ou les raies manta en oiseaux ; les masques créés par Vanessa Clément et Thierry Hett, à la fois effrayants et poétiques, subliment les situations, habillent et transforment le lapin, le chat, le cavalier… ; la musique -et plus largement tout l’univers sonore- et les chants de Clément Althaus ancrent les temporalités, découpent et recréent les frontières, fragiles, qui peuplent son esprit. Tout est distordu, tout se mélange mais se répond, il suffit de laisser glisser notre imagination entre fantaisies et réjouissantes absurdités. La quête de sens de l’intemporelle et bouleversante Alice brouille les repères, en réinvente de nouveaux, et fait des rêves des réalités presque palpables.

DOMINIQUE MARÇON
Juillet 2015

Alice se joue au Chêne Noir jusqu’au 26 juillet durant le Festival Off d’Avignon

À noter qu’ils joueront Alice le 2 décembre au Théâtre du Rocher, à La Garde, le 8 décembre au Théâtre de l’Olivier, à Istres, ainsi que leur précédente création, L’Homme qui rit, toujours à L’Olivier, le 3 novembre

Photo : © Philip Ducap

Théâtre du Chêne Noir
8 bis rue Sainte-Catherine
84000 Avignon
04 90 86 58 11
www.chenenoir.fr