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Les Invisibles de Louis-Julien Petit : Audrey Lamy mène la lutte pour aider les femmes SDF

Les Invisibles

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Les Invisibles de Louis-Julien Petit : Audrey Lamy mène la lutte pour aider les femmes SDF - Zibeline

Édith (Piaf), Brigitte (Macron), Catherine (Lara), Lady Di, Simone (Veil), Dalida, dans un centre d’accueil de jour ! Ce sont les noms choisis par les femmes qui essaient de se réinsérer et qu’a sélectionnées Louis-Julien Petit pour son troisième film, après Discount et Carole Matthieu : Les Invisibles. Inspiré par la lecture de Sur la route des Invisibles de Claire Lajeunie qui complétait son documentaire Femmes invisibles, survivre dans la rue, il est allé rencontrer des femmes SDF dans différents centres d’accueil à travers la France, et a ainsi découvert le métier des travailleurs sociaux, principalement des femmes.

L’histoire commence au moment où Catherine, qui avait obtenu une chambre dans un hôtel social, la quitte pour revenir au centre d’accueil de jour, L’Envol… dont la fermeture vient d’être décidée, parce trop peu rentable. Il n’est pas question d’accepter et la lutte va s’organiser. À la tête de ce combat, Audrey (Audrey Lamy), soutenue par un frère bienveillant (Pablo Pauly), est prête à tout pour sauver ces femmes de la précarité et de l’exclusion. Elles doivent pouvoir retrouver confiance en elles et un travail. Elle va donc proposer des ateliers thérapeutiques, aidée par une bénévole, Hélène (Noémie Lvovsky), qui soigne ses blessures d’épouse malheureuse, et la directrice du centre (Corinne Masiero), épuisée mais d’une grande humanité. Il y a aussi Angélique (Déborah Lukumuena, César du meilleur second rôle dans Divines) une adolescente ancienne SDF, fragile et forte, qui se met facilement en colère. Parmi les femmes accueillies, Chantal (Adolpha Van Meerhaeghe) à qui les années de prison ont permis d’acquérir toutes sortes de compétences, sait tout réparer. Trop honnête, elle ne peut s’empêcher de révéler lors des entretiens d’embauche qu’elle a tué son mari qui la battait. Julie (Sarah Suco) a du mal à saisir la main qu’on lui tend… Hommage à ces Invisibles, femmes que la société ne voit pas, et à celles qui les accompagnent, le film de Louis-Julien Petit, tout en posant le problème de la réinsertion, nous plonge dans un quotidien difficile mais plein de solidarité et d’espoir. « La comédie est la seule passerelle entre un sujet dur et les spectateurs » a précisé le réalisateur lors de l’avant première à Cinemed en octobre. « J’ai eu envie de faire un film solaire et porteur d’espoir dont le cœur serait le groupe, la cohésion et l’entraide face à l’adversité. J’ai voulu plonger le spectateur dans le milieu de la grande précarité par le biais de situations drôles et émouvantes, sans jamais éluder la réalité dramatique. » Et même si l’on peut trouver quelques séquences un peu trop « douces » par rapport au réel, comme celle de l’intervention de la police, le pari est réussi.

ANNIE GAVA
Janvier 2019

Les Invisibles, de Louis-Julien Petit, est sorti le 9 janvier (1h42)

Photo : Les Invisibles de Louis-Julien Petit © JC Lother