Quand le Centre Social rencontre la Scène Nationale… on peut laisser au vestiaire indulgence et vague condescendance

Les deux pieds sur le plateauVu par Zibeline

Quand le Centre Social rencontre la Scène Nationale… on peut laisser au vestiaire indulgence et vague condescendance - Zibeline

Nora, Ourida, Samir… ils y sont tous les onze, adultes et adolescents, pour la première fois sur une scène- pas une estrade non une scène une vraie et pas des moindres celle du théâtre du Merlan- devant des spectateurs –pas papa ou mémé ou pas seulement en tout cas– et ils font ce qu’ils doivent faire pile dans le mille. On peut laisser au vestiaire indulgence et vague condescendance ; ils n’en ont pas besoin et à leur façon de saluer après le «Douce France» choral et final, enjoué et légèrement distant on a bien compris qu’ils avaient justement tout compris : le chemin à parcourir ou à tracer soi-même si possible, la place à occuper et le poids des mots à porter. Ils y ont été aidés par des artistes (la Compagnie de l’Oeil Brun avec le metteur en scène Karim Hammiche et l’auteure Leïla Anis), un dispositif (Tremplins 2016 – expression artistique en milieu urbain ) et un Centre Social inspiré (Saint Gabriel dans le 14e arrondissement). Et ils sont bien là à explorer «Filiation et Mémoire» à travers des fragments de leurs propres textes qui se côtoient, dialoguent, se contredisent ou s’entrechoquent. «Ta gifle elle me brûle encore la joue» ou la vivante litanie de «celui que celle qui…» circulent au milieu d’autres mots qui claquent net «Pressons pressons sur la gâchette» sur l’air de «Poussons poussons l’escarpolette» ça ne manque pas d’humour ! Une dramaturgie allusive, elliptique et suffisante: un tas de valises ou des parapluies colorés, déployés ; des traversées de plateau bien réglées, des solos sobrement émouvants – Si je n’étais pas né(e) convoque tout de même le singulier- et des chœurs accompagnés au clavier par Benjamin Gibert ; on redécouvre alors la portée universelle de la ballade de Sacco et Vanzetti ; ce «here’s to you…» avec eux est définitivement un cadeau !

MARIE JO DHO
Janvier 2016

Si je n’étais pas né(e) a été donné le samedi 16 janvier au théâtre du Merlan, Marseille

Photo : Si je n’étais pas né(e) -c- XDR

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