Vu par Zibeline

Un mélo chatoyant pour la soirée d'ouverture des 11è Rencontres Films Femmes Méditerranée

Les deux orphelines

• 6 octobre 2016 •
Un mélo chatoyant pour la soirée d'ouverture des 11è Rencontres Films Femmes Méditerranée - Zibeline

Qu’on était heureux et soulagés de se retrouver au Cinéma Les Variétés ce 6 octobre pour l’ouverture des Rencontres Films Femmes Méditerranée ! Geneviève Houssay pour l’association Les Amis et Partenaires des Variétés, et Michèle Tregan en tant que présidente de FFM ont rappelé la décision du tribunal de commerce de Paris qui donne peut-être une nouvelle chance à ce lieu unique à Marseille. Et pour parler d’espoir, de joie et de cinéma, Traces de santal, le mélodrame assumé de la catalane Maria Ripoll convenait à merveille. Parce que si le mélo fait subir à ses personnages tous les malheurs du monde, déchire leurs cœurs et leur fait frôler à tout moment le pire, s’il entretient le pathos, fait pleurer Margot ( à l’origine n’était-il pas destiné à un public féminin ?), il est fondamentalement réjouissant parce que c’est un vrai plaisir de laisser couler ses larmes dans une salle obscure et qu’on sait que, contrairement à ce qui se passe  la plupart du temps dans la vie, tout s’arrangera.

Traces de Santal a d’abord été un roman espagnol écrit à quatre mains par Asha Miro et Anna Soler-Pont -productrice et  coscénariste du film- à partir d’une histoire vraie. Le scénario le transforme un peu. Deux sœurs très pauvres sont séparées de façon tragique après la mort de leur mère. Mina, l’aînée, interprétée par la sublime Nandita Das, après bien des déboires épouse un homme riche et beau, devient une star de Bollywood. Elle ne cesse de chercher Sita, sa petite sœur enlevée et vendue à des religieuses puis achetée et adoptée par des Espagnols qui lui cachent son origine. Sita est devenue Paula, biologiste à Barcelone, incarnée avec beaucoup de justesse par Aina Clotet .

Deux destins, et un film qui se présente en deux volets. Celui qui suit la quête-enquête de Mina en Inde. Celui qui met en scène la rencontre des deux femmes dans la capitale catalane et la nouvelle violence faite à Sita-Paula découvrant brutalement son identité. Double mouvement aussi pour rendre possible l’étreinte des retrouvailles : de Bombay à Barcelone puis de Barcelone à Bombay. Dans la quête identitaire de Sita, les deux mondes s’opposent : misère de l’Inde grouillante, esclavage et prostitution des enfants, condition des domestiques et des femmes, face à une Europe plus riche et socialement plus protectrice. Mais c’est le lien qui prévaut pour Maria Ripoll qui passe des tissus indiens et des décors chatoyants des productions bollywoodiennes  aux mosaïques baroques et colorées de Gaudi, du tourisme d’Indiens aux Ramblas au tourisme d’Espagnols à Bombay. Même pulsation des villes où les destins se mêlent et s’emmêlent. Même lien universel créé par le cinéma. Car c’est bien par le cinéma que les deux orphelines se retrouvent, que Mina raconte au monde leur histoire, qu’elle est révélée à Sita et que le spectateur découvre un film dans le film !

ELISE PADOVANI
Octobre 2016

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Photo (C) Pontas Films


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