Vu par Zibeline

Des courts métrages au Festival International du Film d'Aubagne

Les courts qui rendent heureux

• 23 mars 2019 •
Des courts métrages au Festival International du Film d'Aubagne - Zibeline

Il y a des « courts qui dépriment, des courts qui rendent psychopathes »  a précisé Philippe Braunstein , le « monsieur qui rend heureux »  en présentant depuis 13 ans son programme de courts à  Aubagne. Pour cette 20e édition du FIFA, juste avant la soirée de  clôture, Les courts qui rendent heureux, pleins d’énergie et d’humour, nous montrent que la vie quotidienne est remplie de surprises.

Que feriez- vous si, travaillant dans un restaurant, vous appreniez que des crevettes qu’on met à griller souffrent pendant une vingtaine de secondes ? Eh bien, dans Prawn du Canadien Andrew Gillingham, un serveur très sensible ne peut le supporter et décide de tout mettre en œuvre pour les libérer, y compris faire appel à des ambulanciers…

Et si vous avez décidé de passer un CAP d’esthétique, n’en déplaise à votre père qui préférerait que vous continuiez la tradition familiale, la boucherie ? C’est la situation d’Elodie dans Pile poil de Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller, qui se complique quand son modèle la laisse tomber. Elle trouvera une solution au dernier moment. La séquence de l’examen pratique a fait s’écrouler la salle de rire et l’interprétation de Grégory Gadebois dans le rôle du père est magistrale.

Vous vous croyiez enfant unique et un jour vous vous découvrez des frères et sœurs…Convoqués à un mystérieux rendez- vous au « Pérou », un bar plutôt déglingué, sur une plage déserte, deux filles et deux garçons, aussi différents que possible, apprennent qu’ils sont demi-frères et sœurs et qu’ils en héritent, chargés de le retaper. La surprise ne s’arrête pas là dans le film de Marie Kremer, Le Pérou.

Le Pérou© Fuldawa Films

 Vous avez 16 ans et des rêves. Celui de Djal (Théo Christine) est de courir comme son idole Usain Bolt (Athlète le plus titré de l’histoire des Jeux olympiques NDLR). Son père préfère qu’il ne « sèche » pas les courts pour aller s’entrainer et lacère ses chaussures de course. Mais Djal est tenace et 9.58 de Louis Aubert nous transmet une bonne dose d’optimisme.

Vous êtes journaliste et devez interviewer un groupe de rocks : Dans  Les Epis maltés d’Alex Mir et Jean-Marc Guillaume, les deux musiciens sont bien loin des clichés : ils ne fument pas, ne font pas la fête, bref, ne sont pas rocks du tout et il va falloir changer cela !

Vous êtes autour d’une table pour un repas et dernier à vous servir, il vous revient le plus petit poisson. Et quand vous êtes dans une communauté qui a fait vœu de se taire, cela se complique. Dans Artem silendi de Frank Ychou les religieuses vont  dévoiler leur vrai visage, sans un mot échangé, grâce à l’excellent jeu des comédiennes.

Vous êtes figurants et lors d’une pause, quelqu’un vous parle d’amour et vous entraine à la recherche du légendaire lac souterrain, sous l’Opéra de Paris. C’est ce qui arrive à Adèle (superbe Judith Chemla) qui avec Paul (Samuel Achache) déambule dans les coulisses, parlant d’amour courtois, de Tristan et Isolde, de féminisme, de la Carte du Tendre et du désir dans le délicieux film d’Alexandre Steiger, De longs discours dans vos cheveux.

Une séance d’où l’on sort vraiment heureux !

ANNIE GAVA
Mars 2019

Photo : Pile poil © Qui vive!

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