La diffusion des savoirs à la Maison de la Région et au Point de Bascule

Les chercheurs médiateurs publics ?Vu par Zibeline

La diffusion des savoirs à la Maison de la Région et au Point de Bascule - Zibeline

La Maison de la Région accueillait les 31 janvier et 1er février un colloque organisé par l’IRD : les sciences sociales et la diffusion des savoirs dans l’espace public. La première matinée était consacrée aux formes de diffusion du savoir (ouvrages, muséographie) puis aux enjeux politiques de la communication scientifique. Les retours d’expériences très divers des intervenants -anthropologues, géographes- ont permis de faire émerger des questionnements communs sur la médiation scientifique dans l’espace public. Les scientifiques ont aujourd’hui une responsabilité sociale et politique et disposent d’une image d’experts leur permettant de constituer des lobbies très efficaces. Ils semblent investis d’une nouvelle fonction d’interface et de vulgarisation qui se traduit par le souci d’associer les bénéficiaires de la recherche à la définition même des problématiques de recherche.

Cependant, quel que soit l’utilisateur final des connaissances produites par la communauté scientifique, une communication efficace est indispensable pour rendre ces informations compréhensibles et accessibles. Dès lors, une série de questions émerge : certains registres de la science échappent-ils à la possibilité de vulgarisation ? Y a-t-il une utilité à diffuser auprès d’un large public tous les résultats de la recherche, même appliquée ? Le scientifique lui-même peut-il jouer ce rôle de médiateur ? Cette mission est-elle reconnue par l’institution ? Des organisations de transfert de technologies (publiques ou privées) doivent-elles exister, dotées de médiateurs capables d’interpréter, de transcrire et de transmettre ces informations ?

Tous ne se sentent pas l’âme de passeur de «réalité complexe», de démystificateur s’adressant au profane ou aux décideurs et tout reste à inventer en la matière… Car il ne s’agit pas de résumer mais de réécrire. Le message doit être clair, validé, disponible et réutilisable par des non-spécialistes. Il eût d’ailleurs été intéressant d’entendre sur le sujet, en plus des scientifiques, des professionnels de la médiation scientifique, voire de la médiation culturelle…

La tâche est ardue mais c’est justement le défi que s’est lancé l’association Les Petits Débrouillards, associée à des organismes de recherche publique, qui propose des Bars des sciences chaque deuxième mardi du mois jusqu’en mai : petits débats critiques autour d’un verre au Point de Bascule. Ce projet est né d’une volonté de susciter le débat autour des fondamentaux de la science, de dénouer la complexité des sciences et des technologies, et de replacer le citoyen au centre des choix de société. Prochains rendez-vous le 12 février : Médecine(s) : des alternatives? et le 12 mars : En marche vers les changements (globaux).

CHRISTINE MONTIXI

Février 2013

 

Les Bars des sciences sont organisés par Les Petits Débrouillards PACA, le collectif CorteX, l’IDEP (CNRS, EHESS, AMU) et l’Institut Pythéas (CNRS, AMU, IRD), au Point de Bascule à Marseille, de 18h30 à 20h30 les 2e mardis du mois

Maison de la Région PACA
61 La Canebière
13001 Marseille
04 91 57 57 50
http://www.regionpaca.fr/