Vu par Zibeline

La compagnie Graine de malice était au Revest pour jouer Les Habits neufs de l’Empereur

Les caprices de l’empereur

La compagnie Graine de malice était au Revest pour jouer Les Habits neufs de l’Empereur - Zibeline

À la cour de l’empereur, la vérité n’est pas bonne à dire. Seul un enfant s’y risque fortuitement : «Mais l’empereur est nu !». S’inspirant du conte d’Andersen, la compagnie Graine de malice a plus d’un tour dans son sac pour transformer les carafes, coupes, gobelets, pipettes et cabochons pour un royaume. Danielle Pasquier et Roland Boully insufflent vie aux objets, métamorphosent un paysage de sable en château et campagne, donnent corps et voix à l’empereur, aux courtisans et au peuple. Car au royaume ça caquette jour et nuit, ça fait des courbettes, ça minaude, ça flagorne et ça complote drôlement ! À la manière d’un tableau de Rembrandt -effets de transparence du verre et sensualité des étoffes et des dentelles imaginaires-, les deux comédiens racontent le conte par petites touches délicates, chuchotements, gestes lents et maniérés, une ritournelle, de précieux éclairages, dans une semi-obscurité pour plus d’intimité. Dans cette proximité complice, le public se laisse prendre dans les mailles du filet et, jusqu’à la fin, vit au rythme des toilettes impériales, des amusements de la cour, des caprices de l’empereur… dans l’attente de voir apparaître cette étoffe magique que deux tisserands perfides trament en secret. Mais tout n’est qu’illusion : «tisse tisse la laine, tisse tisse le peuple» chante le bouffon…

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Février 2013

Les Habits neufs de l’Empereur a été joué du 19 au 21 février au PJP, Le Revest