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Retour sur les Écrans Voyageurs de l'Alhambra avec le réalisateur Walter Salles

Les Brésil de Walter

Retour sur les Écrans Voyageurs de l'Alhambra avec le réalisateur Walter Salles - Zibeline

Invité de l’Escale 5 des Écrans Voyageurs, Walter Salles était à l’Alhambra du 20 au 24 mars, présentant ses films, discutant aussi bien dans la salle que dans le hall autour d’un verre avec les spectateurs… répondant avec simplicité aux questions des lycéens qui venaient de voir jeudi matin Carnets de voyage. Avec ce périple sur une vieille moto, à travers l’Amérique latine, des deux jeunes Argentins Alberto Granado et Ernesto Guevara, certains découvraient que Le Che n’était pas qu’une icone publicitaire !
L’après-midi, avec Une Famille Brésilienne, réalisé en 2008 avec Daniela Thomas, les lycéens ont partagé la vie, pas souvent rose, de quatre frères nés de pères différents, à Sao Paulo. Chacun a l’espoir d’échapper à la misère, rêve d’un au-delà, comme la mère, tout à la fois «père et mère» –Sandra Corveloni, prix d’interprétation féminine à Cannes- de nouveau enceinte et qui espère avoir une fille, cette fois-là !
Un film superbe, tourné avec de jeunes acteurs et des non-professionnels, dont le montage en parallèle, tout en soulignant le désir d’appartenance à la famille, crée un effet de tension permanent. Un film en état d’urgence pour décrire une société sur le fil. «Au Brésil, les gens ne se regardent plus entre classes sociales.»
Une réalité différente de son premier long métrage de fiction coréalisé avec Daniela Thomas en 1995, Terre lointaine, lié au contexte du Brésil qui sortait de 25 ans de dictature : de 1989 à 1994, aucun film n’a été réalisé au Brésil. «C’est un film fait par des gens qui voulaient retrouver l’amour du cinéma !» On sent bien cet amour du Cinéma Novo de la Nouvelle Vague, on pense à Wim Wenders, à Antonioni, on retrouve la 404 d’À Bout de souffle… Tourné en noir et blanc, en montage parallèle, Terre lointaine nous emmène du Brésil au Portugal et malgré l’histoire tragique, procure un vrai plaisir esthétique.
Ceux qui ne connaissaient de Walter Salles que Central do Brasil ou son dernier opus, Sur la route, ont pu ainsi découvrir l’œuvre d’un cinéaste très sensible, généreux et talentueux. À l’Alhambra, qui apprend inlassablement à regarder les images et le monde, dans une réalité sociale parfois pas si éloignée du Brésil…

ANNIE GAVA

Mars 2013

Lire ici l’entretien avec Walter Salles


Alhambra
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